Nigeria : l'activité des entreprises progresse, la confiance des ménages recule
L'activité économique nigériane s'est étendue en août 2026, portée par les entreprises, mais les ménages affichent un moral en berne. L'inflation ralentit à 15,39 % sur un an.

Les entreprises nigérianes ont tourné à un rythme plus soutenu en août 2026. L'indice des directeurs d'achat, qui mesure l'activité du secteur privé, est repassé au-dessus de la barre des 50 points, signe d'expansion. Les carnets de commandes se remplissent, les délais de livraison se raccourcissent et plusieurs secteurs, notamment les services et la manufacture, embauchent à nouveau. La Banque centrale du Nigeria (CBN) attribue cette reprise à la stabilisation relative du taux de change et à la baisse des pressions sur les coûts de production. Une bouffée d'air pour une économie qui sort de plusieurs trimestres difficiles.
Pourtant, du côté des ménages, le tableau est tout autre. Le même rapport de la CBN indique que la confiance des consommateurs s'est de nouveau dégradée. Les salaires réels restent grignotés par une inflation qui, même si elle ralentit, demeure élevée. En août, la hausse des prix s'est établie à 15,39 % sur un an, contre 15,43 % en juillet, selon le Bureau national des statistiques. Sur un mois, la décélération est plus nette : 0,71 % contre 1,57 % le mois précédent. Les prix de l'alimentation continuent toutefois de peser lourd dans le budget des familles.
Ce décalage entre des entreprises qui reprennent de l'élan et des ménages qui serrent les cordons de la bourse n'est pas anodin. Il traduit une reprise encore fragile, portée par quelques moteurs sectoriels, mais pas assez large pour irriguer l'ensemble de l'économie. Les commerçants le sentent : la demande reste molle dans le commerce de détail, et les dépenses discrétionnaires reculent. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira plus stable rend les envois vers le Nigeria moins erratiques.
La CBN se retrouve face à un dilemme classique. Maintenir des taux d'intérêt élevés pour ancrer les anticipations d'inflation risque de freiner davantage la consommation. Les desserrer trop vite pourrait relancer la dérive des prix. La banque centrale a choisi la prudence ces derniers mois, et les chiffres d'août ne devraient pas bouleverser cette ligne. La reprise de l'activité des entreprises est réelle, mais elle ne suffira pas si le pouvoir d'achat des ménages continue de s'éroder. Le vrai test sera la fin d'année, avec la saison des fêtes et ses dépenses habituelles.
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