Nigeria et États-Unis signent un cadre d'investissement sur 700 milliards de dollars de minerais
Abuja et Washington ont paraphé à New York un accord visant à drainer des capitaux américains vers les minerais critiques nigérians, estimés à 700 milliards de dollars, du gisement à la transformation.

Le 23 septembre, à New York, le Nigeria et les États-Unis ont signé un cadre de coopération sur les minerais critiques. Le ministre nigérian en charge des ressources minières a paraphé le texte avec son homologue américain. L'enjeu : ouvrir les gisements nigérians aux capitaux américains et structurer toute la chaîne de valeur, de l'extraction au raffinage. Le Nigeria estime ses réserves minérales à 700 milliards de dollars, mais le pays n'en extrait qu'une fraction infime. Le lithium, le cobalt, le nickel et les terres rares dorment encore largement sous terre, faute d'infrastructures et de financements.
Washington veut réduire sa dépendance aux minerais critiques chinois. Le Nigeria, premier producteur africain de pétrole, cherche à diversifier son économie hors hydrocarbures. Les deux agendas se rejoignent. L'accord-cadre ne promet pas de montants précis, mais il fixe un canal : les entreprises américaines pourront investir dans l'exploration, la transformation locale et les infrastructures minières. Pour le Nigeria, l'objectif est d'éviter le piège du minerai brut exporté sans valeur ajoutée. Transformer sur place créerait des emplois et des devises.
Reste à voir la vitesse d'exécution. Le Nigeria traîne une réputation de lenteur administrative et d'insécurité dans plusieurs zones minières, notamment dans le nord-ouest et le plateau de Jos. Les investisseurs américains voudront des garanties sur le foncier, la fiscalité et la sécurité des sites. Le cadre signé à New York pose les principes, pas les contrats. Les premières transactions diront si l'accord change quelque chose sur le terrain.
Pour l'Afrique de l'Ouest, la partie se joue sur la transformation locale. Si le Nigeria parvient à attirer des usines de raffinage de lithium ou de cobalt, il captera une part de la valeur aujourd'hui perdue au profit de la Chine et de l'Europe. À défaut, le pays restera un exportateur de matière brute, avec des recettes limitées et peu d'emplois. Le cadre avec Washington ouvre une porte. Il ne garantit pas que le Nigeria la franchisse.
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