Nigeria : dix projets d'infrastructures engloutis par la corruption et l'abandon
Depuis 1960, des milliers de milliards de nairas ont été injectés dans des projets censés transformer l'économie nigériane. Beaucoup n'ont jamais vu le jour ou ont été abandonnés en cours de route.

Le Nigeria a dépensé des sommes colossales dans des projets destinés à changer la donne économique. Aciérie d'Ajaokuta, raffineries de Port Harcourt, chemin de fer Lagos-Kano : la liste des chantiers lancés avec fracas puis laissés à l'abandon est longue. Ces projets devaient produire de l'acier, raffiner du pétrole, transporter des marchandises et réduire la dépendance aux importations. Aujourd'hui, une grande partie de ces infrastructures rouille sur pied, faute d'entretien ou de volonté politique.
Ajaokuta incarne à lui seul ce gâchis. Lancée en 1979, l'aciérie devait produire 5 millions de tonnes d'acier par an et employer des milliers de Nigérians. Quarante-cinq ans plus tard, elle n'a jamais atteint sa capacité nominale. Les contrats successifs, les changements de gouvernement et les poursuites judiciaires ont transformé le site en cimetière industriel. Les raffineries de Port Harcourt, elles, affichent des taux d'utilisation proches de zéro, alors que le pays importe massivement du carburant raffiné. Chaque année, cette dépendance coûte des milliards de dollars en devises.
Ces échecs pèsent directement sur le naira et sur le quotidien des ménages. Les importations de produits pétroliers et d'acier creusent le déficit commercial, fragilisent la monnaie et alimentent l'inflation. Pour la diaspora ouest-africaine, cette instabilité monétaire complique les transferts vers le Nigeria, car chaque épisode de dépréciation renchérit le coût des envois. Les plateformes numériques comme SendXOF ajustent leurs taux en continu pour absorber ces variations et offrir un pouvoir d'achat prévisible aux bénéficiaires.
La leçon de ces dix projets ratés tient en une phrase : le Nigeria n'a pas manqué d'argent, il a manqué de continuité et de redevabilité. Les budgets ont été votés, les prêts contractés, les premières pierres posées. Ce qui a fait défaut, c'est le suivi, la maintenance et la transparence. Tant que ces trois maillons resteront faibles, les prochains grands chantiers risquent de rejoindre la même liste.
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