Nigeria : des actifs publics non assurés exposent le pays à des pertes financières
Le Conseil nigérian des courtiers d'assurance met en garde contre le manque d'assurance des biens de l'État, qui pourrait coûter cher aux finances publiques et appelle à renforcer l'application des obligations en la matière.

Le Nigeria pourrait perdre des milliards de nairas si ses infrastructures publiques ne sont pas correctement assurées. C'est l'avertissement lancé par Ekeoma Ezeibe, président du Nigerian Council of Registered Insurance Brokers (NCRIB), lors d'une conférence de presse à Abuja. Selon lui, de nombreux bâtiments gouvernementaux, ponts, écoles et hôpitaux restent sans couverture ou sous-assurés, ce qui expose l'État à des pertes directes en cas d'incendie, d'inondation ou de vandalisme. Le NCRIB réclame une application plus stricte des obligations légales d'assurance pour les biens publics, souvent ignorées faute de contrôle.
Le constat n'est pas nouveau, mais il prend de l'ampleur avec la multiplication des sinistres liés au changement climatique et aux dégradations. Ekeoma Ezeibe souligne que l'absence d'assurance adéquate prive le pays de ressources cruciales pour la reconstruction après un incident. Chaque année, des bâtiments administratifs ou des équipements publics sont endommagés sans que les collectivités puissent récupérer un centime. Pour le secteur, c'est aussi un manque à gagner : le marché de l'assurance publique représente un potentiel important, encore largement inexploité.
Les courtiers plaident pour que les ministères et agences respectent les dispositions du Code des assurances, qui rend obligatoire la couverture de certains risques. Ils proposent la création d'un mécanisme de vérification avant tout décaissement de fonds publics pour la construction ou la rénovation d'infrastructures. Une telle mesure obligerait les administrations à souscrire des polices avant d'engager des travaux, réduisant ainsi l'exposition financière de l'État.
Au-delà des pertes directes, l'absence d'assurance pèse sur la notation de crédit du pays et sur la confiance des investisseurs. Les bailleurs internationaux exigent souvent des garanties, et un État qui ne protège pas son propre patrimoine envoie un signal négatif. Le NCRIB espère que le gouvernement fédéral inscrira cette question à l'agenda des réformes économiques, alors que les finances publiques sont déjà sous pression.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Nigeria : le gouvernement mise sur les PME pour bâtir une économie à 1 000 milliards de dollars
Le ministre des Finances Taiwo Oyedele réaffirme le soutien de l'État aux petites et moyennes entreprises, présentées comme le moteur de l'emploi et de la croissance. Objectif affiché : une économie nigériane à 1 000 milliards de dollars.

La Bourse de Lagos dépasse déjà toute l'année 2025 en neuf mois
Les investisseurs locaux ont échangé 13 520 milliards de nairas d'actions sur le NGX entre janvier et septembre 2026, soit 45,73 % de plus que sur l'ensemble de 2025. Un record porté par les banques et les valeurs industrielles.

Le soja poursuit sa hausse malgré une récolte record aux États-Unis
Les cours du soja à Chicago ont progressé pour la deuxième séance consécutive, portés par la demande chinoise et des ventes à l'export américaines supérieures aux attentes, qui compensent la perspective d'une récolte record dans le Midwest.