Nigeria à 66 ans : le CPPE réclame une croissance portée par la productivité
Le Centre for the Promotion of Private Enterprise demande à Abuja d'abandonner la stabilisation macroéconomique au profit d'une croissance fondée sur la productivité, alors que le Nigeria fête ses 66 ans d'indépendance.

Le Nigeria a soufflé ses 66 bougies d'indépendance le 1er octobre, et le Centre for the Promotion of Private Enterprise (CPPE) a choisi ce moment pour hausser le ton. Dans un communiqué publié à Lagos, le think tank dirigé par l'économiste Muda Yusuf estime que la politique économique du gouvernement fédéral tourne en rond depuis trop longtemps. Stabiliser les prix, défendre le naira, contenir l'inflation : ces objectifs absorbent toute l'énergie d'Abuja, sans jamais produire de richesse nouvelle. Pour le CPPE, le pays doit changer de logiciel et faire de la productivité le moteur principal de sa croissance.
Le constat s'appuie sur des réalités que tout commerçant nigérian connaît. La production manufacturière stagne, les coûts de l'énergie étouffent les petites entreprises, et le secteur informel absorbe une part toujours plus large de la main-d'œuvre. Le CPPE plaide pour des investissements ciblés dans les infrastructures électriques, la logistique et la formation professionnelle. Sans ces bases, dit-il, les réformes monétaires les plus audacieuses finiront par se heurter au même mur : une économie qui produit trop peu pour la taille de sa population.
La question monétaire n'est jamais loin. Le naira a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis la libéralisation de juin 2023, et chaque nouvelle pression sur la devise rappelle que la stabilité ne se décrète pas. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Le CPPE ne demande pas moins de rigueur budgétaire, mais il veut que chaque réforme soit jugée à l'aune d'un critère simple : crée-t-elle des emplois et de la valeur ajoutée locale ?
À 66 ans, le Nigeria reste l'une des économies les plus prometteuses du continent, avec ses 220 millions d'habitants et ses réserves de change. Mais promesse n'est pas prospérité. Le message du CPPE s'adresse autant au gouvernement qu'au secteur privé : la stabilisation n'est qu'un moyen, pas une fin. Tant que la productivité ne prendra pas le relais, les indicateurs monétaires resteront sous tension et les Nigérians continueront d'attendre des dividendes concrets de leur indépendance économique.
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