Chevron réaffirme son ancrage au Nigeria pour les 66 ans d'indépendance
Le géant pétrolier américain profite de l'anniversaire de l'indépendance nigériane pour réaffirmer son partenariat de long terme, alors que le pays cherche à doper sa production pétrolière.

Le 1er octobre, le Nigeria a soufflé ses 66 bougies d'indépendance. Dans la foulée, Chevron a publié un communiqué pour redire son attachement au pays. Le groupe américain n'est pas un nouveau venu : il exploite des blocs dans le delta du Niger depuis les années 1960, quelques années seulement après la découverte des premiers gisements commerciaux à Oloibiri, en 1956. Son rappel tombe à un moment où Abuja veut relever la barre. En septembre, la production pétrolière nationale tournait autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions visés par le gouvernement.
Chevron n'est pas le seul à occuper le terrain. Shell, TotalEnergies et ExxonMobil y sont aussi implantés, mais leurs rapports avec l'État nigérian restent compliqués : vols de brut, sabotages d'oléoducs, contentieux fiscaux et lenteur administrative. Chevron, lui, a misé sur des partenariats locaux, notamment avec la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPCL), pour tenir ses actifs. La compagnie exploite encore des champs en eaux peu profondes et un projet gazier à Escravos. Ce choix du partenariat tranche avec la prudence d'autres majors, qui cèdent progressivement leurs actifs terrestres à des opérateurs locaux.
Derrière la communication, un enjeu de taille : le Nigeria veut transformer son pétrole sur place et réduire sa facture d'importation de carburant. La raffinerie Dangote, entrée en service cette année, change la donne. Elle peut traiter 650 000 barils par jour et commence à fournir du carburant aviation aux compagnies locales. Pour les producteurs comme Chevron, cela signifie un débouché domestique plus fiable, moins exposé aux aléas des exportations. Le pays reste toutefois dépendant des recettes en devises du brut, qui représentent encore plus de 80 % des exportations nigérianes.
Les 66 ans du Nigeria sont aussi l'occasion de regarder le chemin parcouru. En 1960, la production était marginale. Aujourd'hui, le pays reste le premier producteur africain, devant l'Algérie et la Libye. Mais la dépendance au pétrole n'a pas disparu : elle pèse sur le Naira et sur les finances publiques. Chevron le sait. Son message d'anniversaire ressemble moins à une célébration qu'à un rappel : dans un pays où l'énergie fait la loi, les partenariats solides valent mieux que les promesses.
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