Nigeria : 3 870 milliards de nairas d'exonérations fiscales sous pression
Le gouvernement nigérian examine 3 870 milliards de nairas d'avantages fiscaux accordés aux entreprises et investisseurs, alors que les investissements directs étrangers restent faibles.

Le Nigeria a accordé pour 3 870 milliards de nairas d'exonérations et de congés fiscaux aux entreprises, investisseurs et consommateurs. C'est le chiffre qui circule à Abuja, et il tombe mal. Le pays cherche par tous les moyens à élargir sa base fiscale, mais ces cadeaux fiscaux pèsent lourd dans la balance. Les recettes publiques stagnent, la dette grimpe, et chaque milliard offert aux uns doit être compensé par les autres. Le débat n'est plus tabou : pourquoi continuer à exonérer quand les investissements étrangers ne suivent pas ?
Les chiffres des investissements directs étrangers (IDE) sont sans appel. Malgré les incitations, les capitaux étrangers boudent le Nigeria. Les multinationales invoquent l'instabilité du naira, les difficultés à rapatrier les bénéfices et la lourdeur administrative. Résultat : les exonérations coûtent cher sans produire l'effet escompté. Le FMI et la Banque mondiale recommandent depuis des années de réduire ces niches fiscales. Le gouvernement, lui, promet de les conditionner à des contreparties réelles : emplois créés, infrastructures, transferts de technologie.
Pour les opérateurs économiques, le changement de doctrine est sensible. Les entreprises qui bénéficiaient de congés fiscaux de cinq à dix ans voient leurs avantages remis en question. Les secteurs les plus exposés sont l'industrie manufacturière, l'agroalimentaire et les télécoms. Dans le même temps, les autorités nigériennes veulent rassurer les investisseurs : pas question de supprimer brutalement les incitations, mais de les rendre plus transparentes et mieux ciblées. Un exercice d'équilibriste.
La question dépasse les frontières du Nigeria. Dans toute la zone ouest-africaine, les États cherchent à attirer les capitaux sans brader leur fiscalité. Le Nigeria, première économie de la région, donne le ton. Si Abuja durcit le régime des exonérations, ses voisins pourraient suivre. Pour les entreprises qui opèrent entre le Nigeria et les pays de la zone CFA, l'enjeu est double : rester compétitives tout en anticipant des règles du jeu plus strictes. Les prochains mois diront si le gouvernement ose s'attaquer à ces 3 870 milliards.
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