Nigeria : 21 900 milliards de nairas distribués aux États en 2025, l'endettement inquiète
Les États nigérians ont reçu 21 900 milliards de nairas d'allocations fédérales en 2025, soit 44 % de plus qu'en 2024. Malgré ce pactole, leur recours à l'emprunt ne faiblit pas, ce qui soulève des questions sur la gestion des finances locales.

Les caisses des États nigérians n'ont jamais été aussi pleines. En 2025, les gouvernements locaux ont encaissé 21 900 milliards de nairas au titre des allocations fédérales, selon les chiffres de la Commission des allocations fiscales (FAAC). C'est 44 % de plus qu'en 2024. Cette manne découle de la suppression des subventions sur l'essence et de la hausse des recettes pétrolières, qui ont gonflé le panier distribué chaque mois entre Abuja et les 36 États. À première vue, une aubaine pour des régions longtemps dépendantes des transferts de la capitale fédérale.
Pourtant, l'argent ne reste pas dans les caisses. Loin de réduire leur dépendance aux emprunts, plusieurs États continuent de solliciter des lignes de crédit auprès des banques et du marché obligataire. Le paradoxe interpelle : pourquoi emprunter quand les recettes explosent ? La réponse tient en un mot : les projets. Routes, hôpitaux, écoles, infrastructures hydrauliques — les besoins sont immenses après des années de sous-investissement. Et les gouverneurs préfèrent souvent financer ces chantiers par la dette plutôt que d'attendre que les allocations courantes couvrent des dépenses d'investissement lourdes.
Cette stratégie a un coût. Le service de la dette grignote une part croissante des budgets locaux. Dans un contexte de taux d'intérêt élevés et d'inflation persistante, chaque naira emprunté pèse plus lourd demain qu'aujourd'hui. Les États les plus endettés, comme Lagos, Rivers ou Kano, voient leurs marges de manœuvre se réduire. Pour les opérateurs économiques et les populations, cette gestion à double vitesse — plus de recettes, plus de dette — entretient une forme d'incertitude sur la capacité des autorités locales à tenir leurs engagements financiers.
La question n'est pas de savoir si les États doivent investir, mais comment. Une partie des fonds pourrait servir à rembourser les arriérés et à alléger la charge future. À défaut, le risque est de voir les allocations fédérales devenir un simple tuyau de passage vers les créanciers, sans effet durable sur le terrain. Le débat sur la transparence et la priorisation des dépenses locales n'a jamais été aussi pressant.
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