Nigeria : 1 400 demandes de liquidation en 2025, le régulateur pousse la restructuration
La Corporate Affairs Commission et les praticiens de l'insolvabilité veulent sauver les entreprises viables. Plus de 1 400 demandes de liquidation ont été enregistrées en 2025 contre seulement 13 procédures d'administration approuvées.

Le Nigeria a enregistré plus de 1 400 demandes de liquidation en 2025, d'après les chiffres de la Corporate Affairs Commission (CAC). Dans le même temps, seules 13 procédures d'administration ont été approuvées. L'écart est brutal : pour une entreprise sauvée, plus de cent sont poussées vers la fermeture. La CAC et la BRIPAN, l'association des praticiens de l'insolvabilité, ont décidé de changer la donne en poussant la restructuration de dette plutôt que la liquidation pure.
Le constat est simple. Beaucoup de sociétés qui déposent le bilan ne sont pas mortes : elles croulent sous les créances à court terme, un fonds de roulement insuffisant, des taux d'intérêt à deux chiffres. La liquidation efface tout, y compris les emplois et la capacité de production. La restructuration, elle, permet d'étaler les dettes, de convertir une partie en capital et de laisser une chance à l'activité de redémarrer. Pour les créanciers, c'est souvent plus rentable que de récupérer des actifs bradés lors d'une vente forcée.
Le cadre juridique nigérian prévoit bien des procédures d'administration, mais elles restent peu utilisées. Les dirigeants les connaissent mal, les tribunaux sont engorgés, et les banques préfèrent saisir rapidement. La CAC veut inverser cette logique en formant les praticiens et en sensibilisant les entreprises. L'objectif affiché : faire de l'administration une option crédible, pas un détour coûteux. Pour les PME, qui représentent l'essentiel du tissu économique, l'enjeu est direct : une restructuration réussie, c'est un carnet de commandes qui continue de tourner.
Reste à voir si les mentalités suivent. La restructuration exige de la transparence, une comptabilité fiable et une vraie négociation entre débiteurs et créanciers. Dans une économie où beaucoup d'entreprises opèrent dans l'informel, la marche est haute. Mais le coût de l'inaction se mesure déjà en milliers d'emplois perdus. La CAC et la BRIPAN misent sur un changement progressif : moins de liquidations, plus de sauvetages. Le prochain exercice dira si la tendance s'inverse vraiment.
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