NIGCOMSAT rejette les accusations d'irrégularités dans l'achat de satellites et menace de poursuites
La société nigériane de satellites NIGCOMSAT dément toute irrégularité dans l'attribution du marché des satellites NIGCOMSAT-2A et 2B, qualifiant les allégations de fausses et trompeuses, et annonce son intention de saisir la justice.

NIGCOMSAT ne compte pas laisser passer. L'opérateur public nigérian de satellites a rejeté en bloc les accusations d'irrégularités visant l'attribution du marché pour ses futurs satellites NIGCOMSAT-2A et NIGCOMSAT-2B. Dans un communiqué publié cette semaine, la société qualifie ces allégations de fausses et trompeuses, et annonce qu'elle envisage des poursuites judiciaires contre leurs auteurs. Le dossier concerne un programme stratégique pour le Nigeria, qui cherche à renforcer sa capacité de communication par satellite et à réduire sa dépendance aux infrastructures étrangères.
Les soupçons portent sur les conditions dans lesquelles le processus d'appel d'offres a été mené. NIGCOMSAT affirme avoir suivi les procédures réglementaires et nie toute favoritisme. L'entreprise, qui gère déjà le satellite NIGCOMSAT-1R, en orbite depuis 2011, joue un rôle clé dans la couverture internet des zones rurales et dans les services de diffusion. Un contrat de cette ampleur, portant sur deux satellites de nouvelle génération, représente des centaines de millions de dollars et attire naturellement les convoitises.
Au-delà de la polémique, l'enjeu est industriel. Le Nigeria veut se positionner comme un acteur spatial africain crédible, face à des concurrents comme l'Afrique du Sud ou l'Égypte. Mais les projets spatiaux nigérians ont souvent pris du retard, entre contraintes budgétaires et changements de priorités politiques. La menace de poursuites de NIGCOMSAT vise autant à protéger sa réputation qu'à rassurer ses partenaires techniques et financiers, dont certains pourraient hésiter à s'engager dans un climat de suspicion.
Reste à savoir si la justice sera saisie et si les allégations seront détaillées publiquement. Pour l'instant, NIGCOMSAT joue la carte de la fermeté sans apporter de preuves de son innocence. Une posture qui, dans un secteur aussi sensible, ne suffira pas forcément à éteindre la controverse. Les prochaines semaines diront si l'affaire reste une simple polémique ou si elle éclabousse plus largement la gestion des grands projets technologiques nigérians.
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