Naira et monnaies africaines reculent, les fortunes des milliardaires gonflent
Douze des dix-sept principales monnaies africaines ont perdu du terrain face au dollar en septembre, tandis que les milliardaires du continent s'enrichissent et que les banques multiplient les paris risqués.

Le mois de septembre a laissé des traces sur les monnaies africaines. Douze des dix-sept devises majeures du continent ont reculé face au dollar, selon le bilan publié par Africa Finance. Le naira nigérian, le cedi ghanéen et le shilling kényan figurent parmi les plus malmenés. À Lagos, les bureaux de change affichent des taux qui changent presque chaque jour, et les importateurs doivent composer avec une facture dollar qui ne cesse de grimper. Les banques centrales, elles, tentent de contenir la glissade en puisant dans leurs réserves, mais la pression reste vive sur les marchés parallèles.
En parallèle, les grandes fortunes du continent ne connaissent pas la même décrue. Le club des milliardaires africains s'est encore élargi, porté par la hausse des matières premières et la reprise de certains actifs miniers. Au Nigeria, les investisseurs les plus aguerris profitent de la dévaluation pour racheter des actifs à bon compte. Au Kenya, les banques affichent des bénéfices records malgré un environnement monétaire instable. Ce contraste entre monnaies faibles et patrimoines florissants interpelle : la dévaluation profite à ceux qui détiennent des actifs en dollars, pas à ceux qui vivent de revenus en monnaie locale. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
Les banques, justement, prennent des paris plus risqués. Plusieurs établissements panafricains ont annoncé des expansions vers des marchés où la régulation est plus souple, espérant capter une clientèle de commerçants et de diasporas. Mais cette course à la taille s'accompagne d'une exposition accrue aux fluctuations de change. Une banque qui prête en nairas et se refinance en dollars voit sa marge fondre quand la monnaie locale décroche. Les régulateurs, de la CBN à la Banque centrale du Kenya, surveillent ces montages de près, conscients qu'un choc monétaire pourrait se transformer en crise de liquidité.
La photographie du mois de septembre dit une chose simple : l'Afrique attire les capitaux, mais pas pour tout le monde. Les détenteurs d'actifs solides s'en sortent, les autres subissent. Tant que les monnaies resteront sous pression, la question du coût réel des échanges et des transferts continuera de peser sur les ménages et les petites entreprises. Les prochaines décisions de politique monétaire, notamment au Nigeria et au Ghana, seront scrutées à la loupe.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Nigeria : les députés réclament un fonds d'urgence pour les PME à taux réduit
La Chambre des représentants nigériane presse le gouvernement de créer un mécanisme de financement d'urgence pour les PME, avec des prêts à un chiffre, face à des taux d'intérêt qui étouffent les petites entreprises.

eTranzact renouvelle son conseil après un changement d'actionnaire majoritaire
Le spécialiste nigérian des paiements eTranzact a notifié la NGX d'une refonte de son conseil d'administration, conséquence directe d'une transaction ayant modifié la structure de son actionnariat majoritaire.

NIBSS adopte la technologie jPOS de Transactility pour bâtir la plateforme nationale de paiements instantanés
Le Nigeria Inter-Bank Settlement System (NIBSS) a retenu la technologie jPOS de l'américain Transactility pour développer le National Payment Stack, une infrastructure de paiements instantanés destinée à absorber la croissance des transactions au Nigeria.