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Multi-Trex double son chiffre d'affaires mais creuse encore ses pertes

Le transformateur nigérian de cacao Multi-Trex a vu son chiffre d'affaires bondir à 3,61 milliards de nairas sur l'exercice clos en avril 2026, sans parvenir à sortir du rouge.

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Rédaction SendXOF

Publié le 8 octobre 2026

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Multi-Trex double son chiffre d'affaires mais creuse encore ses pertes

Multi-Trex Integrated Foods a clôturé son exercice 2025-2026 avec un chiffre d'affaires de 3,61 milliards de nairas, contre à peine 1,3 milliard un an plus tôt. Un bond spectaculaire de près de 180 % que la société doit surtout à la reprise des volumes exportés vers l'Europe et l'Asie, après deux années de quasi-arrêt de sa production. Le transformateur basé à Lagos avait vu son outil industriel tourner au ralenti depuis 2023, faute de fonds de roulement suffisant pour acheter les fèves. Cette fois, les acheteurs sont revenus, et les carnets de commandes se sont remplis.

Le problème, c'est que la marge n'a pas suivi. Multi-Trex affiche encore une perte nette sur l'exercice, que la direction ne détaille pas dans sa communication boursière. La raison tient en un mot : le coût de la matière première. Le prix international du cacao a flambé depuis deux ans, passant de 2 500 dollars la tonne à plus de 8 000 dollars à certains moments de 2025. Les transformateurs locaux achètent leurs fèves en nairas, mais vendent leurs produits finis en dollars. Quand la monnaie locale décroche, le différentiel de change écrase la marge. La CBN a beau avoir stabilisé le taux officiel autour de 1 500 nairas pour un dollar, l'écart avec le marché parallèle reste suffisant pour plomber les comptes des industriels qui n'ont pas d'accès direct aux devises.

Pour les opérateurs de la filière, le cas Multi-Trex résume la difficulté structurelle du Nigeria à transformer sur son sol. Le pays est le quatrième producteur mondial de cacao, mais exporte plus de 80 % de ses fèves brutes. Les quelques usines capables de broyer, comme Multi-Trex, Stammark ou Olam, fonctionnent en sous-régime chronique. Le gouvernement nigérian a promis des incitations fiscales pour pousser la transformation locale, mais les décrets d'application traînent. En attendant, les industriels doivent gérer une double exposition : aux cours mondiaux du cacao, et aux soubresauts du naira. Pour la diaspora ouest-africaine qui suit ces filières, cette évolution change la donne sur le coût des transferts vers le Nigeria, où chaque devise compte pour les familles qui soutiennent leurs proches.

La publication de Multi-Trex intervient dans un contexte boursier difficile pour les petites capitalisations nigérianes. Le titre, coté à la Bourse de Lagos, reste sous pression, et les investisseurs attendent des précisions sur la structure de coûts et le niveau d'endettement. La direction promet un retour à la rentabilité dès l'exercice en cours, en s'appuyant sur des contrats d'achat à terme pour sécuriser ses approvisionnements en fèves. Une promesse crédible si le naira se maintient, fragile si le change repart à la baisse. Pour l'instant, la seule certitude, c'est que Multi-Trex vend plus, mais gagne toujours moins.

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