Moniepoint ferme MonieWorld, son service de transferts au Royaume-Uni
Moniepoint met fin à MonieWorld, son service de transferts basé au Royaume-Uni, après 14 mois d'activité. La fintech nigériane se recentre sur ses marchés clés, le Nigeria et le Kenya, pour consolider sa position.

Moniepoint, la fintech nigériane spécialisée dans les paiements, a décidé de mettre fin à MonieWorld, son service de transferts de fonds basé au Royaume-Uni. Lancé il y a seulement 14 mois, ce service visait à capter les flux de la diaspora nigériane vers son pays d'origine. Mais la concurrence est rude sur ce segment, dominé par des acteurs comme WorldRemit ou Wise. La société a préféré couper les pertes et se concentrer sur ses marchés historiques, le Nigeria et le Kenya, où elle affirme avoir encore une forte marge de progression.
Ce retrait stratégique intervient alors que le marché des transferts de fonds vers l'Afrique de l'Ouest connaît une transformation profonde. Les frais moyens pour envoyer 200 dollars vers le Nigeria atteignent encore 7,5 %, selon la Banque mondiale. Un niveau jugé trop élevé par beaucoup d'observateurs, mais qui laisse aussi la place à des solutions plus compétitives. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, d'autant que les nouvelles plateformes numériques répercutent les taux de change en temps réel.
En se recentrant sur le Nigeria et le Kenya, Moniepoint cherche à consolider ses activités là où elle détient déjà des licences de paiement et une base de clients solide. La fintech revendique plus de 6 millions d'entreprises clientes sur le continent. Mais ce retrait soulève aussi des questions sur la viabilité des services de transferts dédiés aux marchés émergents, alors que les coûts réglementaires et les exigences de conformité s'alourdissent. L'échec de MonieWorld rappelle que la simple promesse d'un service moins cher ne suffit pas à s'imposer face à des concurrents bien établis.
Pour l'instant, Moniepoint n'a pas communiqué sur les pertes engendrées par MonieWorld, ni sur les éventuels licenciements. La société assure vouloir renforcer ses services de crédit et de paiement au Nigeria, où elle a obtenu une licence de banque de microfinance. Le marché des transferts, lui, reste ouvert : les volumes mondiaux devraient atteindre 850 milliards de dollars en 2025, selon la Banque mondiale. Mais les acteurs qui veulent en profiter devront faire preuve d'agilité et de solidité financière.
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