Makinde somme Abuja de publier la formule de prix de l'essence
Le gouverneur de l'État d'Oyo, Seyi Makinde, demande au gouvernement fédéral de rendre publique la formule de calcul des prix du carburant, afin de clarifier la fixation des tarifs à la pompe.

Seyi Makinde ne lâche pas le morceau. Le gouverneur de l'État d'Oyo a publiquement interpellé le gouvernement fédéral pour qu'il dévoile la formule qui détermine le prix de l'essence à la pompe. Selon lui, tant que cette formule reste dans les tiroirs, les Nigérians n'ont aucun moyen de vérifier si les hausses sont justifiées. Sa sortie intervient alors que les prix ont grimpé en flèche depuis l'arrêt des subventions en mai 2023, passant de 185 nairas à plus de 1 000 nairas le litre dans certaines stations. Makinde, lui-même issu du PDP, ne vise pas seulement Abuja : il pointe du doigt l'opacité qui entoure les ajustements successifs de la NNPC. Pour un État comme le sien, où le transport routier pèse lourd dans l'économie locale, chaque hausse se répercute directement sur le coût des denrées.
La demande n'est pas anodine. Le Nigeria importe encore une grande partie de son carburant, et le taux de change joue un rôle central dans le prix final. Quand le naira glisse face au dollar, les importateurs répercutent la hausse sur la pompe. Or, sans formule publique, impossible de démêler ce qui relève du change, de la logistique ou de la marge des distributeurs. Makinde suggère que l'État fédéral cache peut-être des subventions résiduelles ou des arrangements avec des opérateurs privés. Dans un pays où la confiance envers les institutions est fragile, cette transparence pourrait calmer les esprits. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira plus stable rend les envois moins erratiques.
Sur le terrain, la colère monte. Les syndicats de transport menacent de nouvelles grèves si les prix ne redescendent pas. Les petits commerçants, eux, ajustent leurs marges à la baisse pour ne pas perdre de clients. Makinde, qui a déjà critiqué la gestion fédérale de la refinerie de Dangote, se positionne en défenseur des consommateurs. Sa sortie pourrait forcer Abuja à publier au moins une partie des données. Mais le gouvernement fédéral, lui, répète que la dérégulation est en marche et que les prix doivent suivre le marché. Un bras de fer qui promet de durer.
À court terme, personne ne s'attend à une baisse spectaculaire. La demande de Makinde met surtout en lumière un problème de confiance : sans transparence, chaque hausse ressemble à un abus. Les États du Sud-Ouest, dont Oyo, dépendent fortement du carburant pour leurs activités économiques. Si Abuja continue d'ignorer l'appel, la pression politique pourrait s'intensifier à l'approche des prochaines échéances. La balle est dans le camp fédéral.
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