Madagascar : Ylias Akbaraly vise un contrat de 450 millions $ pour moderniser l'audiovisuel nigérian
L'homme d'affaires malgache Ylias Akbaraly, à la tête d'un conglomérat présent dans l'industrie, la finance et l'aviation, cherche à décrocher un contrat de 450 millions de dollars pour rénover les infrastructures de télévision et de radio du Nigeria.

Ylias Akbaraly ne fait pas dans la demi-mesure. L'homme le plus riche de Madagascar, qui a bâti un empire international à partir de l'entreprise familiale de détergents, veut maintenant s'attaquer à un marché de 220 millions d'habitants. Sa cible : un contrat de 450 millions de dollars pour moderniser le réseau de télévision et de radio du Nigeria. Une somme rondelette qui témoigne de l'ampleur du chantier : le pays, première économie d'Afrique de l'Ouest, traîne encore des infrastructures audiovisuelles vétustes, héritées de décennies de sous-investissement.
Le parcours d'Akbaraly force le respect. Parti d'une modeste affaire de savon à Antananarivo, il a transformé le groupe Sipromad en un conglomérat tentaculaire : production industrielle, services financiers, aviation, médias. Son ambition nigériane n'est donc pas un coup de tête. Elle s'inscrit dans une stratégie de diversification géographique, à l'heure où Madagascar, marché de 30 millions d'habitants, montre des limites de croissance. Le Nigeria, avec sa classe moyenne émergente et sa consommation médiatique explosive, représente un relais de croissance autrement plus prometteur.
Reste à convaincre Abuja. Le contrat, s'il se concrétise, devra composer avec les lourdeurs administratives nigérianes et la concurrence d'acteurs locaux et chinois, déjà bien implantés dans les infrastructures de télécoms. Akbaraly mise sur son expérience de gestion de médias à Madagascar, où il possède plusieurs chaînes, pour se démarquer. Mais le Nigeria n'est pas Madagascar : les règles d'accès au marché, les exigences de contenu local et les pressions politiques y sont d'une autre nature. L'homme d'affaires devra naviguer finement.
Pour l'heure, aucun calendrier n'a filtré sur les négociations. Mais l'offensive d'Akbaraly illustre une tendance de fond : les capitaux africains eux-mêmes se mettent à circuler d'un bout à l'autre du continent, portés par des entrepreneurs qui ne se contentent plus de leur marché national. Le Nigeria, avec ses 450 millions de dollars en jeu, pourrait devenir le laboratoire de cette nouvelle donne.
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