Les recettes internes des États nigérians bondissent de 41 % à 5 150 milliards de nairas
Lagos, Rivers et Enugu dominent un pactole record de 5 150 milliards de nairas de recettes internes en 2025, en hausse de 41 % sur un an, signe d'une autonomie financière grandissante des États.

Les 36 États du Nigeria et le Territoire de la capitale fédérale ont encaissé 5 150 milliards de nairas de recettes internes en 2025, selon les données compilées par le National Bureau of Statistics. C'est 41 % de plus qu'en 2024. Lagos, Rivers et Enugu trustent le podium. À eux seuls, ces trois territoires concentrent près de la moitié du total. Un bond spectaculaire qui tranche avec les années de vaches maigres où la plupart des États survivaient grâce aux allocations mensuelles du gouvernement fédéral.
Cette progression ne doit rien au hasard. Elle traduit une réforme en profondeur de la collecte fiscale locale. Les États ont numérisé leurs percepteurs, élargi l'assiette de l'impôt foncier et traqué les fuites dans les recettes de marché. Lagos a fait la course en tête en réformant son cadastre et en automatisant le paiement de la taxe sur les transactions immobilières. Rivers a mis le paquet sur les redevances pétrolières locales et les droits de licence. Enugu, plus modeste, a misé sur la formalisation des petits commerces. Résultat : les recettes internes pèsent désormais plus lourd que les transferts fédéraux dans plusieurs États du Sud.
Pour les opérateurs économiques, ce changement redistribue les cartes. Un État qui lève lui-même ses fonds dépend moins des humeurs de la Fédération et des cours du brut. Il peut financer ses routes, ses hôpitaux et ses écoles sans attendre Abuja. Mais cette autonomie a un revers : la pression fiscale monte. Les entreprises locales voient arriver de nouvelles taxes, parfois déguisées en frais de service. Et les disparités entre États riches et pauvres se creusent. Kano, Katsina ou Zamfara, moins urbanisés, restent loin derrière. Le fossé entre le Nord et le Sud financier se creuse un peu plus chaque année.
Reste à savoir si cette dynamique tiendra. La hausse de 41 % s'explique aussi par l'inflation et la dépréciation du naira, qui gonflent mécaniquement les montants en valeur nominale. En dollars constants, la progression est moins spectaculaire. Et la qualité des dépenses pose question : plusieurs États ont augmenté leurs recettes mais aussi leur endettement pour financer des projets pharaoniques. Le vrai test viendra quand les recettes pétrolières fédérales baisseront. Ce jour-là, on saura si les États ont bâti une vraie autonomie ou juste une parenthèse dorée.
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