Les Nigérians empruntent 2 060 milliards de nairas à la consommation en mai
Les crédits personnels accordés par les banques nigérianes ont atteint 2 060 milliards de nairas en mai 2026, selon la CBN. La hausse traduit une pression sur les ménages, pas un signe de confiance.

Les banques nigérianes ont prêté 2 060 milliards de nairas aux particuliers en mai 2026, d'après le dernier relevé de la Banque centrale du Nigeria. C'est environ 100 milliards de plus qu'en avril. Une progression continue depuis le début de l'année, portée par les crédits à la consommation : frais de scolarité, loyers, achats d'électroménager, soins médicaux. Les établissements prêtent plus, et plus vite. Les applications de crédit numérique ont ouvert la voie à une clientèle qui n'avait jamais mis les pieds dans une agence. En cinq ans, ce segment est passé d'un marché de niche à un pilier du bilan des banques commerciales.
Derrière ces chiffres, une réalité moins reluisante : les Nigérians empruntent parce que leur pouvoir d'achat recule. L'inflation reste au-dessus de 20 %, les salaires ne suivent pas, et le prix du carburant a grimpé depuis la fin des subventions. Emprunter pour payer le loyer ou l'école n'est pas un choix, c'est un contournement. Les taux d'intérêt, eux, dépassent souvent 30 % sur les crédits personnels non garantis. Beaucoup de ménages remboursent un prêt en en contractant un autre. Les banques le savent : elles surveillent de près les taux de défaut, qui grimpent doucement dans les portefeuilles à risque.
La Banque centrale, de son côté, maintient une politique monétaire restrictive pour contenir l'inflation. Le taux directeur reste élevé, ce qui renchérit le coût du crédit pour tout le monde. Résultat : les banques préfèrent prêter aux particuliers solvables plutôt qu'aux petites entreprises, jugées plus risquées. Ce déséquilibre pèse sur l'économie réelle, où les PME peinent à financer leur croissance. Pour la diaspora ouest-africaine, cette tension sur le crédit change la donne sur le coût des transferts : chaque naira envoyé au pays vaut plus cher à emprunter sur place.
Le crédit à la consommation nigérian a de l'avenir, mais pas à n'importe quel prix. Si les défauts augmentent trop vite, les banques resserreront les robinets et les ménages les plus fragiles se retrouveront sans filet. La CBN devra arbitrer entre soutenir la demande et éviter une bulle de crédit. Pour l'instant, les chiffres de mai racontent une économie qui tient debout grâce à l'endettement des ménages. Une mécanique qui fonctionne tant que l'inflation ne s'emballe pas davantage.
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