Les États nigérians ont triplé leurs dépenses d'investissement en quatre ans, selon la Banque mondiale
Portées par la hausse des allocations du compte fédéral après la fin des subventions sur l'essence, les dépenses d'investissement des États ont bondi de plus de 182 % en quatre ans, rapporte la Banque mondiale.

La Banque mondiale a publié un chiffre qui donne la mesure du basculement budgétaire opéré au Nigeria depuis 2023 : les dépenses d'investissement des États ont augmenté de plus de 182 % en quatre ans. Le moteur de cette envolée tient en une ligne : la fin des subventions sur l'essence et l'unification du taux de change ont gonflé les allocations versées aux 36 États via le compte fédéral. Mécaniquement, les gouvernements locaux ont vu leurs caisses se remplir comme rarement depuis une décennie. L'argent est allé en priorité aux routes, aux écoles et à quelques projets d'eau potable.
Cette manne n'est pas également répartie. Les États producteurs de pétrole, comme Rivers ou Delta, encaissent des dérivations statutaires en plus de leur part mensuelle. Les autres, plus nombreux, dépendent presque exclusivement des versements de la Fédération. Or ces versements restent indexés sur les recettes pétrolières, elles-mêmes sensibles aux cours du brut et au volume de production réel — autour de 1,3 million de barils par jour aujourd'hui, loin des 2 millions espérés. Un tassement des prix suffirait à assécher la source.
La question qui monte dans les ministères des Finances des États n'est plus de savoir comment dépenser, mais comment tenir. Plusieurs gouverneurs ont déjà commencé à diversifier leurs recettes internes, en relevant les taxes foncières ou en réformant la collecte de la TVA locale. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : un Naira plus stable et des finances publiques locales mieux tenues réduisent l'incertitude sur les envois d'argent vers les familles.
Reste un point que la Banque mondiale souligne sans détour : la qualité de la dépense. Investir plus ne signifie pas investir bien. Plusieurs projets lancés en 2024 affichent des coûts unitaires supérieurs aux prévisions, et les audits des États fédérés pointent des marchés attribués sans appels d'offres complets. Le vrai test viendra en 2026, quand les premiers prêts fédéraux arrivés à échéance obligeront les États à rembourser sur leurs recettes propres. D'ici là, la hausse des investissements restera un chiffre spectaculaire, pas encore une transformation.
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