Les États nigérians encaissent 5 150 milliards de nairas, portés par l'impôt sur les salaires
Les 36 États et le territoire de la capitale ont collecté 5 150 milliards de nairas de recettes internes en 2025. Le PAYE, prélevé directement sur les salaires, reste leur première source de revenus.

Les 36 États du Nigeria et le territoire de la capitale, Abuja, ont engrangé 5 150 milliards de nairas de recettes internes en 2025, selon les chiffres relayés par Punch. La somme marque une progression par rapport aux exercices précédents, mais elle cache une dépendance tenace : l'essentiel de cet argent vient de l'impôt sur le revenu des salariés, le fameux PAYE, prélevé à la source sur les fiches de paie. Autrement dit, ce sont les travailleurs du secteur formel qui remplissent les caisses des gouvernements locaux. Un socle étroit, qui dit beaucoup de la structure économique du pays.
Le problème n'est pas nouveau, mais il s'aggrave à mesure que les recettes augmentent. Le secteur informel, qui fait vivre une majorité de Nigérians — marchés, transport, artisanat, petits commerces — échappe presque entièrement à l'impôt. Les États encaissent donc sur une minorité de salariés déclarés, tandis que l'activité réelle reste hors radar. Résultat : les budgets locaux restent fragiles, très exposés au moindre coup de froid sur l'emploi formel. Une compression des effectifs dans une grande entreprise, et c'est une part de recettes qui s'évapore du jour au lendemain.
Cette configuration pèse aussi sur le pouvoir d'achat. Quand l'impôt repose sur les salaires, chaque hausse de taux se ressent directement sur le net perçu en fin de mois. Dans un contexte où l'inflation rogne déjà les revenus, la pression fiscale sur les travailleurs déclarés devient un sujet sensible. Les États qui veulent élargir leur base sans étouffer les ménages doivent aller chercher la matière imposable là où elle se trouve : dans l'informel, la propriété foncière, la consommation. Beaucoup en parlent, peu le font vraiment, faute d'outils de collecte efficaces.
La question de fond reste la même : comment transformer une économie largement informelle en base fiscale élargie, sans casser l'activité ? Tant que le PAYE dominera, les finances des États dépendront d'un nombre limité de contribuables et d'un marché du travail formel sous tension. Les réformes annoncées sur la digitalisation de la collecte et l'identification des contribuables devront prouver leur efficacité. En attendant, les gouvernements locaux continuent de bâtir leurs budgets sur les épaules des salariés.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Nigeria : les manutentionnaires au sol suspendent les services à XEJET pour une dette de 300 millions de nairas
L'Association des manutentionnaires aériens du Nigeria a ordonné à ses membres de cesser toute prestation pour XEJET Airline, qui doit 300 millions de nairas. La compagnie risque l'immobilisation.

Nigeria : les applis bancaires et fintech équipent 88 % des utilisateurs de smartphones
Un rapport de KPMG et Orange révèle que 88 % des utilisateurs nigérians de smartphones ont une application bancaire ou fintech. OPay domine le marché devant les banques traditionnelles.

Abu Dhabi veut devenir le premier gouvernement natif de l'IA
Abu Dhabi organise en octobre un sommet mondial sur l'intelligence artificielle, réunissant investisseurs et entreprises tech pour présenter son ambition de devenir le premier gouvernement 100 % IA.