Les compagnies africaines portent la croissance du trafic aérien mondial en août
Les compagnies aériennes africaines ont enregistré la plus forte hausse de capacité de sièges au monde en août, avec 8,3 % de croissance sur un an, selon l'IATA. Un dynamisme qui tranche avec la morosité d'autres régions.

L'Afrique a fait mieux que tout le monde en août. Les compagnies du continent ont augmenté leur capacité de sièges de 8,3 % sur un an, selon les chiffres publiés par l'Association internationale du transport aérien (IATA). C'est la progression la plus forte parmi toutes les régions suivies par l'organisation. Pendant ce temps, l'Europe et l'Amérique du Nord avancent à un rythme deux à trois fois plus lent. La demande, elle, suit : les taux de remplissage des vols africains restent élevés, signe que les passagers répondent présents.
Cette poussée ne sort pas de nulle part. Ethiopian Airlines, Royal Air Maroc et Kenya Airways multiplient les ouvertures de lignes vers l'Asie, le Moyen-Orient et l'intérieur du continent. Le trafic intra-africain, longtemps bridé par le manque de liaisons directes, décolle enfin. Lagos, Nairobi, Addis-Abeba et Casablanca se positionnent comme hubs régionaux. Les compagnies low cost, comme Jambojet au Kenya ou Air Peace au Nigeria, grignotent des parts de marché sur les routes court-courriers. Résultat : plus de sièges, plus de concurrence, et des billets qui deviennent accessibles pour une classe moyenne urbaine en expansion.
Reste que la croissance ne règle pas tout. Le carburant représente encore 30 à 40 % des coûts d'exploitation de nombreuses compagnies africaines, contre 20 à 25 % chez leurs concurrentes du Golfe. Les flottes vieillissantes, les taxes aéroportuaires élevées et les restrictions de change dans certains pays — le Nigeria en sait quelque chose — compliquent l'accès aux pièces détachées et aux leases d'avions. L'IATA réclame depuis des années une libéralisation du ciel africain, mais les accords bilatéraux entre États freinent encore l'ouverture. La croissance est là, fragile mais réelle.
Pour les voyageurs, l'effet se voit déjà : les liaisons directes se multiplient et les prix sur certaines routes baissent. Pour les compagnies, le défi sera de transformer cette capacité supplémentaire en profits durables. Car augmenter le nombre de sièges ne suffit pas si les avions volent à moitié vides ou si les coûts explosent. Le vrai test viendra dans douze mois : l'Afrique aura-t-elle tenu le rythme, ou la croissance d'août n'était-elle qu'un feu de paille ?
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