LemFi recrute un ancien conseiller de la CBN pour piloter sa stratégie réglementaire en Afrique de l'Ouest
La fintech britannique LemFi nomme Dr Haydar Daudu, ex-conseiller de la Banque centrale du Nigeria, au poste de responsable des affaires réglementaires pour l'Afrique de l'Ouest.

LemFi muscle son dispositif réglementaire en Afrique de l'Ouest. La fintech britannique spécialisée dans les transferts d'argent a nommé Dr Haydar Daudu au poste de responsable des affaires réglementaires et des politiques pour la région. Daudu n'est pas un inconnu du sérail : il a conseillé la Banque centrale du Nigeria (CBN) sur les questions de politique monétaire et de supervision bancaire. Son arrivée intervient alors que les autorités nigérianes durcissent le ton face aux opérateurs de transfert de fonds, entre exigences de capital, contrôle des changes et surveillance renforcée des flux transfrontaliers.
Le Nigeria reste le premier marché africain pour les envois de fonds de la diaspora, avec plus de 20 milliards de dollars reçus en 2023 selon la Banque mondiale. Mais les règles y changent vite. La CBN a multiplié ces derniers mois les circulaires sur les opérations de change, les comptes de règlement et les obligations de déclaration pour les fintechs. Dans ce contexte, recruter un ancien conseiller de l'institution revient à s'offrir un traducteur des arcanes réglementaires — quelqu'un qui connaît les interlocuteurs, les priorités et les lignes rouges.
LemFi, fondée en 2020, s'est taillé une place sur les corridors entre le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada et plusieurs pays africains, dont le Nigeria, le Ghana et le Kenya. La société propose des transferts vers des comptes mobiles et bancaires, avec des taux de change affichés en temps réel. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : plus une fintech maîtrise les contraintes réglementaires locales, plus elle peut réduire ses frais et tenir ses délais de versement.
Cette nomination dit aussi quelque chose de la maturité du secteur. Les fintechs de transfert ne se contentent plus de contourner les banques : elles embauchent des banquiers centraux pour négocier avec elles. Daudu aura la charge de dialoguer avec les régulateurs du Nigeria, du Ghana, du Sénégal et d'ailleurs. Son carnet d'adresses vaut de l'or dans un marché où une licence retardée coûte des millions. Reste à voir si ce type de recrutement suffira à fluidifier des relations souvent tendues entre innovateurs et superviseurs.
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