Le sommet d'investissement du Niger Delta mise sur le pétrole pour sortir la région de la pauvreté
Le Niger Delta Chambers of Commerce organise un sommet à Port Harcourt pour attirer les investissements dans une région qui fournit l'essentiel des devises du Nigeria mais reste l'une des plus pauvres du pays.

Port Harcourt accueille cette semaine un sommet économique du Niger Delta. Objectif affiché : transformer une région qui pompe la majorité du pétrole nigérian en un tissu industriel diversifié. Idaere Ogan, président de la Niger Delta Chambers of Commerce, a ouvert les débats en rappelant que les neuf États du delta concentrent 90 % des recettes d'exportation du pays, mais que leurs populations vivent encore largement de la pêche et de l'agriculture de subsistance. Le contraste entre les milliards de barils extraits et les routes défoncées de Bayelsa ou d'Akwa Ibom reste la principale critique adressée aux autorités depuis vingt ans.
La Niger Delta Development Commission (NDDC) et les États pétroliers sont au centre des discussions. Leur rôle : cofinancer des projets d'infrastructures et rassurer les investisseurs sur la sécurité juridique. Les organisateurs insistent sur un point : sans électricité stable ni accès routier fiable, aucun industriel ne s'installera à Warri ou à Yenagoa. Plusieurs gouverneurs de la zone ont annoncé des guichets uniques pour accélérer les permis de construire et les autorisations environnementales, une promesse récurrente qui reste à concrétiser.
Le sommet aborde aussi la question du contenu local. Les compagnies pétrolières opérant dans le delta doivent, selon la loi nigériane, confier une part croissante de leurs contrats à des entreprises locales. Dans les faits, les PME de la région captent encore moins de 10 % des marchés d'ingénierie et de maintenance. Les chambres de commerce réclament des lignes de crédit dédiées et des garanties publiques pour que les entrepreneurs du delta puissent répondre aux appels d'offres sans dépendre des sièges de Lagos ou d'Abuja.
Reste la question de fond : comment transformer une manne pétrolière en développement durable alors que la transition énergétique menace les recettes futures ? Le delta produit encore plus de 1,3 million de barils par jour, mais les compagnies internationales réduisent leurs investissements dans l'exploration. Le sommet de Port Harcourt ne réglera pas ce dilemme en trois jours. Il peut au moins poser les bases d'une stratégie où les revenus du brut financent des infrastructures utiles après le pétrole. Les prochains mois diront si les engagements pris cette semaine dépassent le stade des communiqués.
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