Le pétrole enchaîne une deuxième hausse sur les craintes d'approvisionnement au Moyen-Orient
Les cours du brut ont progressé mardi pour la deuxième séance consécutive, portés par les inquiétudes sur l'offre liées au blocage des négociations entre Washington et Téhéran.

Les prix du pétrole ont grimpé mardi pour la deuxième séance d'affilée. En cause : le dossier iranien, bloqué. Les négociations entre les États-Unis et Téhéran sur le nucléaire ne bougent plus, et le marché lit cette paralysie comme un risque accru de perturbation de l'offre. Le Brent et le WTI ont donc prolongé leur rebond de la veille, sans euphorie mais avec une réelle fermeté. Les traders surveillent surtout le détroit d'Ormuz, par où passe près d'un cinquième du pétrole mondial. Chaque déclaration de Washington ou de Téhéran fait bouger les cours dans les minutes qui suivent.
Cette nervosité n'est pas nouvelle, mais elle s'installe. Depuis plusieurs semaines, les investisseurs hésitent entre deux lectures : une offre mondiale correcte, et un risque géopolitique qui pourrait tout faire basculer. Résultat, les positions spéculatives augmentent et la volatilité revient. Les pays importateurs, notamment en Asie et en Europe, ajustent leurs achats au jour le jour. Les raffineurs nigérians, eux, regardent surtout le différentiel entre le brut local et les cours internationaux, qui pèse directement sur leurs marges.
Pour les économies ouest-africaines, l'équation est ambivalente. Le Nigeria, premier producteur de la région, encaisse davantage de devises quand le baril monte — un bol d'air pour ses réserves et pour le Naira. Mais les pays voisins, eux, paient plus cher leur carburant importé, ce qui alimente l'inflation et renchérit les coûts de transport. Au Ghana, au Sénégal ou en Côte d'Ivoire, chaque dollar gagné par le baril se répercute en cascade sur les prix à la pompe et sur les budgets des ménages.
Tant que les discussions entre Washington et Téhéran resteront au point mort, le marché continuera de pricer une prime de risque. Une reprise des pourparlers ou un geste d'apaisement pourrait faire retomber les cours aussi vite qu'ils sont montés. À l'inverse, une nouvelle tension dans le Golfe enverrait le baril nettement plus haut. Les opérateurs, eux, se préparent aux deux scénarios.
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