Le NRGI presse la NNPC de revoir sa stratégie d'investissement pétrolier
L'institut de gouvernance des ressources naturelles avertit que la stratégie actuelle de la NNPC expose le Nigeria à des risques croissants dans un contexte de transition énergétique mondiale.

La NNPC doit revoir sa copie. Le Natural Resource Governance Institute (NRGI), think tank basé à New York et spécialisé dans la transparence des industries extractives, a publiquement mis en garde la compagnie pétrolière nationale nigériane contre les risques de sa stratégie d'investissement actuelle. Dans un rapport rendu public cette semaine, l'institut souligne que la NNPC continue d'engager des capitaux massifs dans des projets pétroliers à cycle long, alors que la demande mondiale pourrait plafonner plus tôt que prévu. Le Nigeria, qui tire plus de 80 % de ses recettes en devises du brut, n'a pas les moyens de se tromper.
Le contexte mondial ne plaide pas en faveur d'une expansion pétrolière classique. L'Agence internationale de l'énergie prévoit un pic de la demande de pétrole avant 2030, porté par l'électrification des transports et la montée des renouvelables. Les banques internationales réduisent leur exposition aux énergies fossiles, et le coût du capital pour les projets pétroliers grimpe. La NNPC, qui cherche à attirer des partenaires étrangers pour financer ses ambitions, se heurte à un mur : les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour compenser le risque de transition. Le NRGI recommande à la compagnie de diversifier ses portefeuilles vers le gaz et les énergies propres, et de renforcer la gouvernance autour des projets en cours.
Pour le Nigeria, l'enjeu dépasse la seule NNPC. Le pays dépend du pétrole pour équilibrer son budget et stabiliser le naira. Une mauvaise allocation des capitaux dans le secteur pétrolier se répercuterait directement sur les réserves de change et, par ricochet, sur le pouvoir d'achat des ménages. Les décisions de la NNPC ne sont donc pas qu'une affaire d'entreprise : elles touchent à la trajectoire macroéconomique du pays. Le NRGI insiste sur un point : sans réforme de la gouvernance, les investissements massifs dans le brut risquent de se transformer en actifs échoués, laissant le Nigeria avec des infrastructures coûteuses et une demande en berne.
La balle est dans le camp de la NNPC. La compagnie n'a pas encore répondu publiquement aux recommandations du NRGI, mais elle a déjà annoncé vouloir augmenter sa production à 2 millions de barils par jour d'ici 2025. Un objectif ambitieux, alors que les vols de brut et le sous-investissement chronique ont plombé la production ces dernières années. Le vrai test sera de voir si la NNPC ajuste son fusil d'épaule ou persiste dans une stratégie que d'aucuns jugent déconnectée des réalités du marché. Les prochains mois diront si l'avertissement du NRGI reste lettre morte ou déclenche une vraie révision.
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