Nigeria : l'objectif d'inflation à un chiffre met la pression sur les taux d'intérêt
Le gouvernement nigérian vise une inflation sous les 10 % d'ici fin 2027, mais le coût du crédit reste élevé. La NESG s'interroge sur la compatibilité entre cet objectif et la politique monétaire actuelle.

Le gouvernement nigérian s'est fixé un cap ambitieux : ramener l'inflation sous la barre des 10 % avant la fin de 2027. Un objectif qui, sur le papier, séduit les investisseurs. Mais dans les faits, il pose une question épineuse : comment y parvenir sans étouffer l'économie réelle ? Car l'inflation au Nigeria ne faiblit pas aussi vite que prévu. En août, elle pointait encore autour de 32 % sur un an, selon les données de l'agence nationale de la statistique. La hausse des prix alimentaires et de l'énergie continue de peser lourdement sur le quotidien des ménages.
Pour juguler cette spirale, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a relevé son taux directeur à plusieurs reprises, le portant à 27,25 % en septembre. Une politique monétaire restrictive qui vise à freiner la demande et à stabiliser le naira. Mais cette approche a un revers : le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers explose. Les petites et moyennes entreprises, déjà fragilisées, peinent à financer leurs activités. La Nigeria Economic Summit Group (NESG) tire la sonnette d'alarme : un tel niveau de taux décourage l'investissement productif et pourrait compromettre la croissance.
Le dilemme est classique : pour faire baisser l'inflation, il faut souvent serrer la vis monétaire, mais cela ralentit l'activité. Le gouvernement mise sur une désinflation progressive, espérant que la production agricole et la stabilité du naira feront le reste. Pourtant, les experts de la NESG estiment que sans une coordination plus fine entre politique budgétaire et monétaire, l'objectif de 10 % restera hors de portée. Ils plaident pour des mesures ciblées sur les coûts de production et la logistique, plutôt qu'une simple hausse des taux.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Un naira plus stable et une inflation maîtrisée rendraient les envois d'argent plus prévisibles, mais les taux d'intérêt élevés maintiennent une pression sur les changes. En attendant, les opérateurs économiques nigérians naviguent à vue, entre un gouvernement qui promet la stabilité des prix et une banque centrale qui serre les freins. Le chemin vers une inflation à un chiffre sera long, et il pourrait bien passer par une révision des priorités monétaires.
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