Le Nigeria vise une inflation à un chiffre avant fin 2027
Le ministre des Finances Taiwo Oyedele annonce un objectif d'inflation sous les 10 % d'ici 2027, pour faire baisser les taux d'intérêt et relancer la croissance.

Taiwo Oyedele ne cache pas son ambition : ramener l'inflation nigériane sous la barre des 10 % avant la fin de 2027. Le ministre des Finances l'a répété cette semaine, en marge d'une rencontre avec des acteurs économiques à Abuja. Le pays sort d'une période douloureuse : l'inflation a dépassé 30 % en 2023, poussée par la fin des subventions sur l'essence et la dévaluation du naira. Les prix commencent à refluer, mais restent élevés. Oyedele parie sur une combinaison de discipline budgétaire et de politique monétaire coordonnée pour accélérer la décrue.
L'objectif n'est pas seulement comptable. Une inflation à un chiffre permettrait à la Banque centrale de baisser ses taux directeurs, aujourd'hui à 27,5 %. Les entreprises nigérianes empruntent cher, et les investisseurs étrangers hésitent à s'engager sur un marché où le coût du crédit dépasse 30 %. Pour Oyedele, la séquence est claire : d'abord la stabilité des prix, ensuite la baisse des taux, enfin la croissance. Le gouvernement table sur une croissance de 6 % en 2025, un chiffre que beaucoup d'analystes jugent optimiste si l'inflation ne recule pas plus vite.
La tâche s'annonce rude. Les prix des denrées alimentaires restent volatils, en partie à cause de l'insécurité dans les zones agricoles du nord. La pression sur le naira persiste, même si la monnaie s'est stabilisée autour de 1 500 nairas pour un dollar sur le marché officiel. Et les réformes fiscales, comme la suppression progressive des exonérations, pourraient temporairement renchérir certains produits. Oyedele reconnaît ces risques, mais assure que le cap est tenu. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : un naira plus stable rend les envois de fonds plus prévisibles.
Les marchés suivront de près les prochains chiffres de l'inflation, attendus en fin de mois. Une chose est sûre : le Nigeria ne peut pas se permettre un nouveau cycle de hausses de prix. Les ménages ont déjà absorbé deux années de perte de pouvoir d'achat. La crédibilité de l'équipe économique se joue sur cet objectif de 2027. Si Oyedele y parvient, il aura réussi là où ses prédécesseurs ont échoué depuis une décennie. Sinon, le pays restera coincé dans le piège des taux élevés et de la croissance molle.
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