Nigeria vise 7 % de croissance, au-delà des prévisions du FMI
Le gouvernement nigérian table sur une croissance de 7 % en 2025, dépassant l'estimation du FMI de 4,3 %, porté par des réformes économiques et un meilleur climat des affaires.

Le Nigeria ne compte pas se contenter des prévisions du Fonds monétaire international. Le ministre des Finances et de l'Économie, Taiwo Oyedele, a annoncé que le gouvernement fédéral visait une croissance économique de 7 %, soit près de trois points de plus que la projection du FMI, qui table sur 4,3 %. L'objectif a été dévoilé lors d'un forum économique à Abuja. Pour l'exécutif, il s'agit d'accélérer les réformes engagées depuis l'arrivée au pouvoir de Bola Tinubu et d'améliorer l'environnement des affaires pour attirer les investissements.
Cette ambition tranche avec la réalité économique du pays. Le Nigeria sort de plusieurs années de croissance molle, plombée par la chute des prix du pétrole, la dévaluation du naira et une inflation galopante. Le FMI lui-même a révisé ses prévisions à la baisse pour 2025, citant la faible production pétrolière et les pressions sur les ménages. Le gouvernement mise sur la levée des subventions sur l'essence et la libéralisation du marché des changes pour relancer la machine. Des réformes douloureuses pour la population, mais que l'exécutif présente comme indispensables pour retrouver une croissance durable.
Les opérateurs économiques restent partagés. Certains saluent la volonté politique et la simplification des procédures pour les entreprises. D'autres doutent de la capacité du gouvernement à tenir un tel rythme, alors que l'insécurité dans le nord et le delta du Niger perturbe les activités agricoles et pétrolières. La question du financement reste entière : le Nigeria dépend encore largement des recettes pétrolières, et la diversification de l'économie prendra du temps. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira plus stable pourrait réduire les écarts de taux.
Le pari du gouvernement est risqué. Atteindre 7 % de croissance exigerait une accélération brutale des investissements et une hausse significative de la production pétrolière, deux variables que le Nigeria ne maîtrise pas entièrement. Le FMI, de son côté, maintient sa prévision de 4,3 %, estimant que les réformes porteront leurs fruits mais à un rythme plus lent. La crédibilité de l'exécutif se jouera sur sa capacité à transformer les annonces en résultats concrets d'ici la fin de l'année.
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