Le Nigeria veut transformer ses brevets en entreprises rentables
Le NOTAP relance son appel à investir dans la commercialisation des technologies et la protection de la propriété intellectuelle, alors que le pays cherche à diversifier son économie au-delà du pétrole.

Le Nigeria a produit 3 500 brevets ces dix dernières années. Moins de 5 % ont donné lieu à un produit commercial. Ce chiffre, lâché par des responsables du secteur, résume le problème que le National Office for Technology Acquisition and Promotion tente de résoudre depuis des années. L'agence fédérale a relancé son appel à investir dans la commercialisation des technologies locales et à renforcer la protection de la propriété intellectuelle. Son directeur général, Obiageli Amadiobi, répète que les idées ne valent rien si elles restent dans des tiroirs d'université.
Le constat est simple : les chercheurs nigérians déposent des brevets, mais les entreprises ne les exploitent pas. Le fossé entre les laboratoires et le marché reste large. Les startups technologiques de Lagos ou d'Abuja se plaignent de la lenteur des procédures d'enregistrement et du coût des litiges. Un brevet non défendu, c'est une innovation qui profite à d'autres, souvent à l'étranger. Le NOTAP veut inverser cette logique en accompagnant les inventeurs jusqu'à la signature de contrats de licence avec des industriels.
Le gouvernement nigérian mise sur cette stratégie pour réduire la dépendance au pétrole, qui représente encore 90 % des recettes en devises. L'objectif affiché : faire émerger une économie fondée sur le savoir, à l'image de ce qu'ont réussi l'Inde ou le Kenya dans les services numériques. Mais sans financement adapté, les brevets nigérians resteront des documents administratifs. Les banques locales prêtent peu aux projets technologiques, jugés trop risqués. Le NOTAP plaide pour des incitations fiscales et des fonds de capital-risque dédiés.
La protection de la propriété intellectuelle reste le maillon faible. Le Nigeria figure parmi les pays où les piratages de logiciels et de marques sont les plus fréquents en Afrique de l'Ouest. Les entreprises étrangères hésitent à transférer leurs technologies dans ce contexte. Renforcer les lois ne suffira pas : il faudra des tribunaux spécialisés et des délais de jugement raisonnables. Le NOTAP en fait son cheval de bataille. Sans cela, le pays continuera d'importer des solutions qu'il pourrait produire lui-même.
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