Le Nigeria veut doper ses exportations hors pétrole pour faire rentrer des devises
L'Autorité portuaire nigériane annonce des réformes pour lever les goulets d'étranglement qui freinent les exportations non pétrolières et ramener des devises dans une économie sous tension.

L'Autorité des ports du Nigeria (NPA) a annoncé vouloir supprimer les obstacles qui étouffent les exportations hors pétrole. L'objectif affiché : faire rentrer plus de devises dans un pays qui en manque cruellement. Les produits concernés sont connus — cacao, sésame, engrais, noix de cajou, produits agroalimentaires transformés. Ces filières rapportent déjà des milliards de nairas chaque année, mais elles perdent du temps et de l'argent à cause de procédures douanières lentes, de routes dégradées vers les terminaux et de contrôles multiples qui s'empilent sur les mêmes cargaisons.
Le problème n'est pas nouveau. Les exportateurs se plaignent depuis des années de la lourdeur administrative à Apapa et Tin Can, les deux principaux ports de Lagos. Un conteneur de cacao peut rester bloqué plusieurs jours avant d'être chargé, ce qui décale les livraisons et fait fuir les acheteurs étrangers. La NPA promet aujourd'hui de digitaliser les procédures, d'alléger les inspections et de mieux coordonner les agences présentes sur les quais. Si ces réformes aboutissent, les recettes en dollars et en euros remonteront mécaniquement. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira qui résiste mieux se négocie à un taux moins punitif sur les corridors.
Le contexte monétaire rend l'enjeu plus pressant encore. Le Naira a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023, quand la Banque centrale a laissé flotter la devise. Résultat : importer du carburant, des machines ou des médicaments coûte beaucoup plus cher, et l'inflation reste au-dessus de 30 %. Le pétrole brut fournit l'essentiel des devises du pays, mais sa production tourne autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions d'il y a dix ans. Diversifier les sources de devises n'est plus un slogan, c'est une nécessité comptable.
Reste à voir si les annonces se traduiront en actes. La NPA a déjà promis par le passé des guichets uniques et des corridors fluides ; les exportateurs attendent toujours. Cette fois, le régulateur parle de partenariats avec les douanes, les transporteurs et les banques pour fluidifier la chaîne. Les premiers effets ne seront visibles qu'après plusieurs mois. Mais dans un pays où chaque dollar compte pour stabiliser la monnaie, le moindre gain sur les exportations agricoles pèsera lourd.
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