Le Nigeria sous pression pour transformer ses réformes en emplois, alerte le NESG
Le Nigerian Economic Summit Group prévient que les réformes économiques en cours doivent se traduire par des investissements productifs et des emplois, faute de quoi le pays aura sacrifié des efforts douloureux pour rien.

Le Nigerian Economic Summit Group (NESG) a lancé un avertissement sans détour cette semaine : le Nigeria ne peut pas se permettre de gaspiller l'élan de ses réformes économiques. Le think tank basé à Lagos, qui rassemble une bonne partie du patronat nigérian, estime que les mesures prises depuis l'arrivée de Bola Tinubu à la présidence en mai 2023 n'ont pas encore produit les effets attendus sur l'investissement productif et l'emploi. La suppression des subventions sur l'essence et la libéralisation du naira ont fait exploser les prix et fragilisé les ménages. Le NESG ne demande pas de revenir en arrière, mais de passer à la vitesse supérieure sur le front de la production.
Le constat est simple : sans usines qui tournent, sans PME qui embauchent, les sacrifices demandés aux Nigérians resteront des sacrifices sans contrepartie. Le groupe appelle à des mesures concrètes pour rassurer les investisseurs, notamment sur la stabilité du cadre réglementaire et l'accès au crédit. Sur le terrain, les entreprises se plaignent d'un coût du capital prohibitif : la banque centrale maintient son taux directeur à 27,5 %, un niveau qui décourage l'emprunt. Le NESG suggère de cibler les secteurs à fort potentiel d'emploi — agroalimentaire, logistique, énergie — plutôt que de saupoudrer les incitations.
La question monétaire reste centrale. Le naira a perdu plus de 60 % de sa valeur depuis juin 2023, et la volatilité du taux de change complique la planification des entreprises. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, alors que les flux vers le Nigeria dépassent 20 milliards de dollars par an. Le NESG plaide pour un marché des changes plus transparent et prévisible, condition sine qua non pour que les capitaux étrangers reviennent. Sans cela, les réformes resteront lettre morte.
Le temps presse. La croissance du PIB nigérian a atteint 3,4 % au deuxième trimestre 2024, portée surtout par les services et le pétrole, mais l'inflation reste au-dessus de 32 %. Les ménages, eux, ne voient pas encore la lumière au bout du tunnel. Le NESG ne se contente pas de décrire le problème : il fixe un cap. Si le gouvernement ne convertit pas rapidement les ajustements macroéconomiques en résultats tangibles pour les Nigérians, le risque est que le pays perde la confiance durement acquise auprès de ses partenaires. Et cette fois, il n'y aura pas de seconde chance.
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