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Le Nigeria risque de rater son décollage industriel à cause de sa dépendance aux importations

Le Manufacturers Association of Nigeria alerte : sans production locale renforcée, la nouvelle politique industrielle du pays ne suffira pas à faire du Nigeria le hub manufacturier africain promis.

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Rédaction SendXOF

Publié le 23 septembre 2026

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Le Nigeria risque de rater son décollage industriel à cause de sa dépendance aux importations

Le Manufacturers Association of Nigeria (MAN) a sonné l'alarme cette semaine : la dépendance du pays aux chaînes d'approvisionnement étrangères menace directement ses ambitions industrielles. L'association patronale, qui regroupe des milliers d'entreprises manufacturières à travers le pays, estime que la nouvelle politique industrielle nigériane ne produira pas les effets escomptés si les usines continuent de s'approvisionner massivement à l'étranger en matières premières, pièces détachées et équipements. Le constat n'est pas nouveau, mais il prend un relief particulier dans un contexte où le gouvernement affiche ouvertement sa volonté de faire du Nigeria le hub manufacturier du continent africain.

Le problème est structurel. Une part importante des intrants utilisés par les industries nigérianes — textiles, agroalimentaire, assemblage automobile, pharmacie — traverse les frontières avant d'arriver dans les ateliers de Lagos, Kano ou Aba. Résultat : chaque fluctuation du Naira ou des fret internationaux se répercute directement sur les coûts de production locaux. Les industriels le savent : quand la monnaie décroche, leurs factures d'importation grimpent en quelques jours. Cette vulnérabilité au change pèse sur les marges, freine les investissements et rend la production nigériane moins compétitive face aux importations finies venues d'Asie ou d'Europe. Pour les opérateurs de change et les plateformes de transfert, ce sujet est loin d'être abstrait : la demande de devises des industriels pour payer leurs fournisseurs étrangers reste un moteur puissant du marché des changes.

MAN plaide pour une stratégie plus offensive : développement de zones industrielles dédiées, incitations fiscales pour les producteurs locaux d'intrants, et surtout un effort coordonné entre le gouvernement et le secteur privé pour identifier les maillons manquants de la chaîne de valeur. L'association cite en exemple les secteurs où le Nigeria dispose déjà d'avantages comparatifs — ciment, engrais, agro-transformation — et où une montée en gamme pourrait réduire les importations. Le patronat insiste aussi sur l'urgence de régler les problèmes d'infrastructure : énergie instable, routes dégradées, ports congestionnés. Sans ces fondamentaux, aucune politique industrielle ne tiendra sur la durée.

La balle est dans le camp de l'exécutif nigérian. La politique industrielle existe sur le papier ; reste à la traduire en actes. Les industriels attendent des signaux concrets : des commandes publiques orientées vers le local, un accès facilité au crédit pour les PME manufacturières, et une protection raisonnée contre les importations à bas coût qui étranglent la production nationale. Si le Nigeria ne parvient pas à inverser la tendance, il continuera d'importer ce qu'il pourrait fabriquer — et son rêve de hub industriel africain restera une promesse de campagne.

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