Le Nigeria renonce à interdire l'importation de panneaux solaires
Le gouvernement nigérian écarte une interdiction immédiate des panneaux solaires importés, jugeant qu'elle renchérirait les coûts et freinerait la transition énergétique du pays.

Le gouvernement fédéral a dit non. Une interdiction immédiate des panneaux solaires importés était sur la table, portée par les partisans d'une production locale. Abuja a tranché : la mesure renchérirait l'équipement et ralentirait la sortie du tout-gaz et du tout-groupe électrogène. Le Nigeria importe aujourd'hui l'essentiel de ses modules photovoltaïques, principalement de Chine. Les droits de douane et la TVA sur ces produits ont déjà été suspendus pour accélérer les installations. Une interdiction brutale aurait cassé cette dynamique.
Le débat n'est pas nouveau. Les industriels locaux réclament des barrières pour développer une filière nationale. Mais le pays part de loin : pas d'usine de cellules photovoltaïques à grande échelle, une chaîne d'approvisionnement embryonnaire, des coûts de production élevés. Interdire les importations maintenant, c'est prendre le risque de voir les prix grimper de 30 à 40 % chez les installateurs et les ménages. Or le solaire est devenu la bouée de sauvetage de millions de foyers privés d'électricité stable. Les générateurs à essence coûtent cher, polluent et tombent en panne. Le solaire, même importé, reste la solution la plus accessible.
La décision gouvernementale ménage une transition. Plutôt qu'un couperet, Abuja promet des incitations pour attirer les fabricants et assembler localement. Des discussions sont en cours avec plusieurs groupes chinois et indiens pour implanter des lignes de production dans les zones franches. L'objectif : produire sur place d'ici trois à cinq ans, sans asphyxier le marché aujourd'hui. Le pari est classique : protéger une industrie naissante sans punir les consommateurs. La différence, cette fois, c'est l'urgence énergétique. Le Nigeria ne peut pas se permettre d'attendre.
Reste la question du financement. Les projets solaires, même importés, coûtent encore trop cher pour la majorité des ménages. Les banques nigérianes prêtent peu sur ce segment, jugé risqué. Des programmes de crédit vert commencent à émerger, portés par des institutions de développement. Mais l'échelle est insuffisante. Sans un accès massif au crédit, la transition solaire restera un privilège urbain. Le gouvernement a choisi de ne pas fermer la porte aux importations. Il devra maintenant ouvrir grand celle du financement.
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