Le Nigeria reconstitue ses réserves nettes de change à 46 milliards de dollars
Les réserves nettes de change du Nigeria sont remontées à 46 milliards de dollars, contre moins d'un milliard au plus fort de la crise, selon le gouverneur de la banque centrale Olayemi Cardoso.

Le Nigeria a reconstitué ses réserves nettes de change à 46 milliards de dollars. Il y a deux ans, elles étaient tombées sous le milliard. Le gouverneur de la banque centrale, Olayemi Cardoso, a livré le chiffre cette semaine. Le contraste est brutal : d'un pays qui peinait à honorer ses lettres de crédit, on passe à une position extérieure qui tient la route. Les réserves brutes, elles, tournent autour de 40 milliards de dollars, mais la banque centrale communique désormais sur le solde net — ce qui reste une fois déduits les engagements à court terme et les swaps. C'est cette mesure qui compte pour les investisseurs étrangers.
Pour comprendre le chemin parcouru, il faut se rappeler 2023. Le Naira avait plongé après la libéralisation du taux de change en juin. Les files d'attente aux guichets, les compagnies aériennes bloquées faute de devises, les importateurs qui achetaient des dollars à 1 500 nairas sur le marché parallèle. La CBN a serré les vannes : hausse du taux directeur à 27,5 %, suppression des interventions de défense du Naira, et un assainissement des opérations de change. Les recettes pétrolières ont aussi mieux rentré grâce à la hausse de la production et à la fin d'une partie de la contrebande de carburant. Résultat : les réserves nettes ont grimpé mois après mois.
Ce redressement change la donne pour les opérateurs. Un pays avec des réserves nettes solides inspire plus confiance aux prêteurs et aux investisseurs de portefeuille. Les taux de change parallèles se resserrent parfois autour du taux officiel, même si l'écart reste volatile. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution pèse sur le coût des transferts : un Naira moins erratique rend les envois plus prévisibles, et les plateformes ajustent leurs taux en fonction de ces mouvements. La CBN peut aussi défendre le Naira sans vider ses caisses, ce qui limite les à-coups.
Reste à savoir si la trajectoire tient. Le Nigeria dépend toujours du pétrole pour l'essentiel de ses devises. Une baisse des cours ou une remontée des importations de carburant pourrait éroder ces réserves. La CBN devra aussi gérer la liquidité du marché sans retomber dans les erreurs du passé. Pour l'instant, le pays a regagné une marge de manœuvre qu'il n'avait plus depuis des années. Les prochains mois diront si cette reconstitution des réserves est un pallier durable ou un simple répit.
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