Le Nigeria négocie un plafond de 1 350 nairas le litre d'essence
Le gouvernement fédéral discute d'un prix plafond de 1 350 nairas par litre à la sortie des dépôts, pour amortir la flambée du brut et des produits raffinés sur le marché mondial.

Le gouvernement nigérian ouvre des négociations pour fixer un plafond de 1 350 nairas le litre sur le coût de sortie d'usine de l'essence. Le ministre en charge du dossier l'a annoncé cette semaine. L'objectif : empêcher que la hausse du brut et des produits raffinés sur le marché mondial ne se répercute brutalement sur les pompes. Les cours du pétrole ont grimpé de près de 15 % depuis le début du trimestre, et les importateurs nigérians absorbent de plein fouet cette envolée. Le pays reste largement dépendant des importations pour son carburant, malgré la mise en service progressive de la raffinerie Dangote.
Le mécanisme du plafond porte sur le coût ex-gantry, c'est-à-dire le prix à la sortie des dépôts pétroliers, avant transport et marges des stations-service. En clair, l'État veut verrouiller la base de calcul pour que les variations du marché international ne se transmettent pas intégralement au consommateur. Sans cela, chaque saut du baril se traduit en quelques jours par une flambée au pistolet. Les opérateurs, eux, craignent qu'un prix administré ne comprime leurs marges et ne décourage l'importation. Le débat est sensible : le pays sort de deux années de libéralisation du secteur aval, qui a fait bondir le prix du litre de moins de 200 nairas à plus de 1 000 nairas.
Cette question du prix des carburants pèse directement sur le coût de la vie et sur les changes. Quand l'essence renchérit, le transport, l'alimentaire et les services suivent. Et quand l'inflation s'installe, le Naira subit une pression supplémentaire face aux devises étrangères. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque point d'inflation rogne le pouvoir d'achat des sommes envoyées au pays.
Le plafond négocié n'est pas une solution magique. Il peut calmer les prix à court terme, mais il ne règle ni la dépendance aux importations ni la volatilité du brut. La vraie question reste la capacité de raffinage locale. Tant que le Nigeria achètera son essence à l'étranger en dollars, son marché intérieur restera exposé aux soubresauts mondiaux. Le plafond est un pansement. La raffinerie, elle, est le remède.
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