Le Nigeria met 40 blocs pétroliers aux enchères pour relancer l'amont
La Commission de régulation du pétrole en amont (NUPRC) ouvre un cycle d'attribution de 40 blocs en 2026. Objectif : attirer des capitaux frais dans un secteur qui peine à retrouver ses niveaux de production d'il y a dix ans.

Le gouvernement fédéral nigérian a annoncé l'ouverture d'un cycle d'attribution de licences pétrolières pour 2026. Quarante blocs sont proposés aux investisseurs, selon la Commission de régulation du pétrole en amont (NUPRC), l'agence qui pilote l'opération. Le pays cherche à relancer l'exploration dans un bassin qui n'a plus vu de découverte majeure depuis des années. La production nationale tourne autour de 1,3 à 1,4 million de barils par jour, loin des 2 millions atteints avant 2016. Les sabotages sur les pipelines du Delta et le sous-investissement chronique ont laissé des gisements en friche.
Le calendrier n'est pas anodin. Le Nigeria veut profiter de la fenêtre avant que la transition énergétique ne referme le robinet des financements internationaux. Plusieurs majors ont réduit leurs capex en Afrique de l'Ouest, préférant le Guyana ou le Suriname. Mais les indépendants locaux, eux, montent en puissance. Des groupes comme Seplat ou First E&P ont racheté des actifs cédés par Shell et ExxonMobil ces dernières années. L'État espère que ce cycle attirera un mélange de ces opérateurs et de nouveaux entrants asiatiques ou moyen-orientaux.
Les conditions fiscales seront scrutées. Le Nigeria a longtemps souffert d'une réputation de contrats opaques et de redevances instables. La loi sur l'industrie pétrolière (PIA), adoptée en 2021, devait clarifier le cadre. Mais son application reste lente, notamment sur les questions de décommissionnement et de partage de production. Les compagnies qui ont des coûts de baril élevés hésitent encore. Pour les opérateurs déjà présents, chaque nouveau round est aussi une occasion de consolider leurs positions sur des blocs voisins de leurs champs actuels.
Ce cycle intervient alors que le pays dépend toujours du pétrole pour 90 % de ses recettes en devises. La baisse des volumes exportés a fragilisé le Naira et vidé les réserves de la banque centrale. Relancer l'amont, c'est tenter de stabiliser une économie qui a besoin de dollars. Mais entre l'ouverture des appels d'offres et la première goutte de brut, il faut compter cinq à sept ans. Le Nigeria joue donc une partie longue, avec des investisseurs qui, eux, raisonnent à court terme.
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