Le Nigeria importe 64% de sa demande locale, un manque à gagner de 40 000 milliards de nairas
Un rapport révèle que le Nigeria laisse inexploité plus de 40 000 milliards de nairas dans l'industrie manufacturière, les importations couvrant 64% de la demande locale. Un déséquilibre qui pèse sur l'économie et l'emploi.
Le Nigeria importe encore 64 % de ce que consomment ses ménages et ses entreprises. Un rapport publié cette semaine chiffre à plus de 40 000 milliards de nairas les opportunités de production locale non exploitées. Concrètement, cela signifie que des biens qui pourraient sortir d'usines nigérianes arrivent chaque jour par bateau depuis l'Asie, l'Europe ou le Moyen-Orient. Le pays a les matières premières, une main-d'œuvre jeune et un marché de plus de 200 millions d'habitants. Mais il manque d'usines, d'énergie stable et de capitaux pour transformer sur place.
Le secteur manufacturier ne représente que 9 % du PIB nigérian, contre 16 % dans les années 1980. Les raisons sont connues : coupures d'électricité quotidiennes, routes dégradées, coût du crédit supérieur à 25 %, et une fiscalité qui décourage les petites entreprises. Résultat, des pans entiers de la consommation — textile, agroalimentaire, pharmacie, matériaux de construction — dépendent de l'extérieur. Chaque importation pèse sur les réserves de change et affaiblit le Naira. Pour les opérateurs qui achètent en dollars, la facture monte à chaque nouvelle dépréciation.
Le rapport pointe aussi une opportunité pour les investisseurs locaux et régionaux. Les zones économiques spéciales, comme celle de Lekki ou de Calabar, offrent des incitations fiscales et des infrastructures dédiées. Mais elles restent sous-utilisées. Les entreprises qui s'y installent doivent souvent importer leurs machines et leurs intrants, ce qui augmente leur besoin en devises. Dans ce contexte, la stabilité du taux de change devient un facteur aussi important que l'électricité. Des plateformes numériques comme SendXOF affichent en temps réel le taux Naira-FCFA pour permettre aux opérateurs d'anticiper leurs coûts d'importation.
Sans un choc d'investissement dans la production locale, le Nigeria continuera d'exporter des matières premières et d'importer des produits finis. Le rapport ne propose pas de solution miracle, mais il pose une équation simple : chaque usine qui ouvre réduit la dépendance aux devises étrangères et crée des emplois. Le pays a déjà les entrepreneurs et la demande. Ce qui manque, c'est un environnement où produire coûte moins cher qu'importer.
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