Le Nigeria gagne quatre places dans le classement Bloomberg des risques d'investissement en Afrique
Le Nigeria se hisse au huitième rang du classement Bloomberg des risques d'investissement en Afrique, dépassant quatre pays grâce aux réformes économiques récentes.

Le Nigeria a gagné quatre places dans le dernier classement Bloomberg des risques d'investissement en Afrique, passant de la douzième à la huitième position. Il dépasse ainsi quatre nations du continent, selon les données publiées cette semaine. Cette progression intervient après une série de réformes économiques mises en œuvre par l'administration Tinubu, notamment la suppression des subventions sur l'essence et la libéralisation du marché des changes. Ces mesures, douloureuses à court terme, commencent à porter leurs fruits aux yeux des investisseurs étrangers.
Le classement Bloomberg évalue plusieurs critères : stabilité politique, environnement des affaires, dette publique, inflation et croissance. Le Nigeria a notamment marqué des points sur la gestion de sa dette et la transparence de sa politique monétaire. La Banque centrale a relevé son taux directeur à 27,5 % pour contenir l'inflation, une décision qui rassure les marchés. Le pays a également attiré des investissements dans le secteur pétrolier et gazier, avec des projets comme le gazoduc Nigeria-Maroc. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira plus stable réduit les écarts de change.
D'autres pays africains reculent dans ce classement. L'Afrique du Sud, longtemps première, a perdu des points à cause de ses coupures d'électricité et de sa croissance atone. L'Égypte et le Kenya font face à des pressions inflationnistes et à des déficits budgétaires importants. Le Ghana, qui a restructuré sa dette, reste derrière le Nigeria. Cette dynamique pourrait redessiner les flux de capitaux vers l'Afrique de l'Ouest, au bénéfice de Lagos et d'Abuja. Les investisseurs cherchent des rendements dans un contexte mondial incertain, et le Nigeria offre désormais un profil plus attractif.
Reste à voir si cette embellie durera. Les réformes ont fait grimper l'inflation à plus de 33 % en glissement annuel, et le coût de la vie pèse sur les ménages. La production pétrolière stagne autour de 1,3 million de barils par jour, en deçà des objectifs. Les défis sécuritaires dans le nord et le sud-est persistent. Mais pour l'instant, les marchés saluent les efforts. Le Nigeria a convaincu les analystes qu'il prend au sérieux la gestion de son économie, et cela se reflète dans les chiffres.
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