Le Nigeria fixe un plafond de 1 350 nairas par litre pour l'essence à l'importation
Le gouvernement fédéral veut plafonner le coût de revient de l'essence importée à 1 350 nairas le litre. Un mécanisme de modulation des prix qui vise à contenir la facture des carburants.

Le gouvernement nigérian pose un verrou sur le prix de l'essence. Selon une dépêche de Punch publiée ce lundi, l'exécutif fédéral prépare un mécanisme de modulation qui fixe un plafond de 1 350 nairas par litre sur le coût de revient (landing cost) du carburant importé. Concrètement, l'État veut empêcher que le prix payé à la pompe ne s'envole au-delà de ce seuil, alors que le pays dépend encore largement des importations pour couvrir sa consommation quotidienne. Le dispositif n'est pas encore officiellement détaillé, mais l'orientation est claire : l'essence doit rester sous contrôle.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes sur le marché des changes. Le Naira reste fragile face au dollar, ce qui renchérit mécaniquement chaque cargaison importée. Un plafond sur le landing cost revient donc à dire que l'État absorbera une partie du choc, ou qu'il contraindra les importateurs à compresser leurs marges. La question qui circule déjà chez les opérateurs : qui paiera la différence si le taux de change continue de glisser ? Car un plafond sans ajustement automatique au taux réel peut créer des pénuries ou des files d'attente aux stations-service, comme le pays en a connu par le passé.
Pour les ménages nigérians, l'enjeu est direct. L'essence pèse lourd dans le budget transport, dans le coût des denrées acheminées par la route et, en cascade, dans l'inflation alimentaire. Un prix plafonné à 1 350 nairas le litre, s'il tient, offrirait une bouffée d'air aux commerçants et aux transporteurs. Mais l'histoire récente du Nigeria montre que les subventions implicites sur le carburant coûtent cher à l'État fédéral et finissent souvent par être rognées. Le vrai test sera la durée de vie de ce plafond.
Reste à voir comment ce mécanisme s'articulera avec la dérégulation entamée depuis 2023. Le gouvernement avait alors laissé les prix suivre le marché, provoquant une flambée immédiate. Revenir aujourd'hui à un plafond, c'est reconnaître que la pilule sociale a été dure à avaler. Pour les analystes, ce revirement partiel traduit surtout une pression politique croissante à l'approche des échéances. Le Nigeria cherche un équilibre introuvable entre vérité des prix et paix sociale. Ce plafond en est la dernière tentative.
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