Le Nigeria courtise plus de 100 industriels chinois pour transformer son pétrole sur place
Le NCDMB a engagé plus de 100 fabricants chinois pour attirer investissements et technologies dans le pétrole nigérian, au-delà du simple achat-vente.

Le Nigeria ne veut plus se contenter de vendre son brut et d'importer des produits finis. Le Conseil de suivi du contenu local dans le pétrole (NCDMB) a pris contact avec plus de 100 industriels chinois pour les faire venir fabriquer sur place. L'objectif affiché : sortir du modèle acheteur-vendeur qui, depuis des décennies, laisse le pays exporter du brut et racheter à l'étranger du carburant, des tuyaux et des équipements. Cette fois, Abuja veut que les usines s'installent sur son sol.
Le pari n'est pas anodin. Le Nigeria importe encore l'essentiel de son gaz de pétrole liquéfié et une bonne partie de ses carburants raffinés, malgré une capacité de raffinage théorique de 445 000 barils par jour à Port Harcourt et Warri. Faire venir des fabricants chinois de tuyaux, de vannes, de structures métalliques ou de produits chimiques pour l'industrie pétrolière réduirait la facture d'importation et créerait des emplois locaux. Le NCDMB mise sur les zones franches d'Onne et de Calabar, déjà équipées pour accueillir des activités industrielles lourdes.
Le contexte s'y prête. La Chine cherche des débouchés pour ses capacités industrielles excédentaires, notamment dans l'acier et la mécanique. Le Nigeria, lui, veut appliquer sa loi sur le contenu local votée en 2010, qui impose aux compagnies pétrolières de privilégier les biens et services nigérians. Mais l'application reste inégale : les multinationales continuent d'importer massivement, faute d'offre locale compétitive. Attirer des fabricants chinois pourrait combler ce vide, à condition que les partenariats technologiques soient réels et pas de simples montages d'assemblage.
Reste à voir si les industriels chinois suivront. Ils négocient souvent des conditions fiscales avantageuses et des garanties sur le rapatriement des capitaux. Le NCDMB devra aussi convaincre les compagnies pétrolières internationales, qui achètent aujourd'hui selon leurs propres cahiers des charges, souvent plus stricts que les normes locales. Le vrai test sera de savoir combien d'usines sortiront de terre d'ici deux à trois ans, et si elles tournent à pleine capacité. Pour l'instant, les discussions sont engagées, mais rien n'est signé.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Pétrole : le Nigeria extrait 307 millions de barils en six mois
Le Nigeria a produit 307 millions de barils de brut et de condensats entre mars et août, soit 1,67 million de barils par jour, selon la NUPRC. Un niveau encore loin des objectifs budgétaires.

Les dépôts bancaires à la CBN bondissent à leur plus haut niveau depuis sept mois
Les dépôts des banques auprès de la CBN via la facilité de dépôt permanente ont atteint leur plus haut niveau depuis sept mois, après un relèvement du taux directeur qui rend ce placement plus rémunérateur.

La baisse du taux directeur de la CBN fait chuter les rendements des bons du Trésor
La Banque centrale du Nigeria a abaissé son taux directeur de 350 points de base, provoquant un net recul des rendements des bons du Trésor alors que les investisseurs réévaluent leurs anticipations de taux.