Le Nigeria courtise les investisseurs sur l'agriculture et les infrastructures
Le ministre des Finances Taiwo Oyedele a appelé mardi les investisseurs à engager des capitaux de long terme dans l'agriculture et les infrastructures, deux secteurs qu'il présente comme des réservoirs d'emplois.

Taiwo Oyedele a choisi un forum d'investisseurs, mardi, pour lancer son appel. Le ministre des Finances et coordinateur de l'économie nigériane veut voir affluer des capitaux de long terme vers deux secteurs qu'il juge sous-financés : l'agriculture et les infrastructures. Son argument tient en une phrase simple : ces deux chantiers créent des emplois et ouvrent des débouchés pour les investisseurs. Le Nigeria importe encore massivement ce qu'il pourrait produire, et ses routes, ses ports et son réseau électrique limitent la production locale.
Le discours n'est pas nouveau, mais il intervient dans un contexte budgétaire tendu. Abuja cherche des relais de croissance hors du pétrole, dont les recettes restent volatiles et dépendantes des cours mondiaux. L'agriculture emploie déjà une large part de la population active, sans que la transformation sur place suive au même rythme. Les infrastructures, elles, restent le principal frein à l'installation d'usines dans les États de l'intérieur. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les projets agricoles et logistiques attirent des capitaux qui passent souvent par les canaux formels.
Oyedele ne s'adresse pas qu'aux grands fonds. Il vise aussi les investisseurs capables d'engager dix ou quinze ans, un horizon rare dans un pays où le coût du crédit local reste élevé. Les taux directeurs de la banque centrale, maintenus hauts pour contenir l'inflation, renchérissent l'emprunt et poussent les entreprises à chercher des financements extérieurs. Résultat : les projets d'infrastructures dépendent souvent de partenariats public-privé ou de prêts multilatéraux, plus lents à boucler.
Le message du ministre se heurte à une réalité : les investisseurs attendent des garanties sur la sécurité juridique, la stabilité du naira et la rentabilité effective des projets. Sans réformes concrètes sur ces points, l'appel restera un vœu. Le Nigeria a les terres et la main-d'œuvre ; il lui manque encore les conditions pour transformer ces atouts en rendements prévisibles.
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