Le Nigeria atteint 46 milliards de dollars de réserves nettes, un record
Le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, annonce des réserves nettes record de 46 milliards de dollars, portées par la stabilité du marché des changes et le retour de la confiance des investisseurs.

Le Nigeria vient de franchir un cap. Les réserves nettes de change ont atteint 46 milliards de dollars, un plus haut historique, selon Olayemi Cardoso, gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN). Il l'a annoncé sans détour : la stabilité retrouvée du marché des changes y est pour beaucoup. Depuis des mois, la banque centrale intervient pour lisser les tensions sur le naira, et les résultats commencent à se voir. Les réserves nettes, c'est-à-dire ce qui reste une fois les engagements à court terme déduits, grimpent. Ce chiffre compte : il donne au pays une marge de manœuvre pour absorber les chocs extérieurs, notamment la volatilité des prix du pétrole.
Pour les opérateurs économiques, ce niveau de réserves change la donne. Un importateur de Lagos qui doit payer ses fournisseurs en dollars regarde d'abord la solidité des réserves avant de s'engager. Avec 46 milliards de dollars, le Nigeria envoie un signal : le pays peut tenir ses engagements en devises. La confiance des investisseurs étrangers, qui avaient fui après la crise de 2023, revient progressivement. Les entrées de capitaux dans les bons du Trésor et les obligations en dollars reprennent. Cette dynamique profite aussi aux banques locales, qui peuvent à nouveau accéder aux lignes de crédit internationales à des taux moins punitifs.
Reste à savoir si cette embellie durera. Le Nigeria dépend toujours à 90 % du pétrole pour ses recettes en devises. Une chute brutale des cours ou une baisse de la production — fréquente dans le delta du Niger — pourrait rapidement éroder ces réserves. La CBN le sait. Cardoso a d'ailleurs insisté sur la nécessité de diversifier les sources de devises, notamment via les exportations agricoles et les transferts de la diaspora. Pour les ménages nigérians, l'enjeu est direct : des réserves solides, c'est un naira moins erratique et une inflation importée plus contenue. Les prix des produits de base, du riz au carburant, en dépendent largement.
Le record des réserves ne réglera pas tout. Il ne fera pas baisser le coût de la vie du jour au lendemain, ni ne résoudra le chômage des jeunes. Mais il offre une bouffée d'oxygène à une économie qui a frôlé la crise monétaire. La prochaine étape, c'est la crédibilité : que ces réserves servent à financer l'économie réelle, pas seulement à défendre la monnaie. Les investisseurs attendent des réformes structurelles, pas juste des chiffres. Le Nigeria a gagné du temps. À lui de l'utiliser.
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