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Le Naira résiste mieux que le Cedi et plusieurs devises africaines au deuxième trimestre

La Banque mondiale classe le Naira parmi les monnaies africaines les plus résilientes au deuxième trimestre 2026, avec une dépréciation plus faible que celle du Cedi ghanéen et d'autres devises du continent.

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Rédaction SendXOF

Publié le 8 octobre 2026

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Le Naira résiste mieux que le Cedi et plusieurs devises africaines au deuxième trimestre

Le Naira a encaissé le choc mieux que la plupart de ses voisins. Dans son dernier rapport, la Banque mondiale classe la monnaie nigériane parmi les devises africaines les plus solides du deuxième trimestre 2026, avec une dépréciation contenue face au dollar. Le Cedi ghanéen, lui, a décroché plus violemment sur la même période, tout comme plusieurs monnaies d'Afrique de l'Est et du Sud. Le constat surprend après deux années de turbulences pour Abuja, marquées par la libéralisation du taux de change et la flambée de l'inflation. Mais les chiffres sont là : la pression s'est relâchée.

Cette accalmie doit beaucoup aux réformes monétaires engagées par la Banque centrale du Nigeria depuis 2024. La fin des subventions implicites sur le change, la hausse des taux directeurs et le rapatriement progressif des recettes pétrolières ont stabilisé les flux. Le Naira s'échange aujourd'hui autour de 1 500 nairas pour un dollar sur le marché officiel, contre plus de 1 900 à son plus bas. L'écart avec le marché parallèle s'est réduit à moins de 5 %, un niveau inconnu depuis trois ans. Pour les opérateurs économiques, cette convergence change la donne : les importateurs peuvent à nouveau planifier leurs achats sans craindre un décrochage brutal du taux officiel.

La comparaison avec le Ghana éclaire le contraste. Accra a laissé filer sa monnaie de plus de 12 % sur le trimestre, plombée par le service de sa dette et la chute des cours du cacao. Le Nigeria, lui, a bénéficié d'une remontée des cours du brut et d'une production pétrolière en hausse. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : un Naira plus stable réduit les écarts de change entre l'envoi et la réception. Les corridors Abidjan-Lagos ou Cotonou-Lagos deviennent moins coûteux à opérer, et les plateformes de transfert ajustent leurs marges en conséquence.

Reste à savoir si cette résistance tiendra. La Banque mondiale prévient que la stabilité du Naira dépendra de deux facteurs : le maintien des recettes pétrolières et la discipline budgétaire d'Abuja. Or, les dépenses publiques ont grimpé de 30 % en un an, et le service de la dette absorbe désormais près de la moitié des recettes fédérales. Si le brut repasse sous les 70 dollars, la pression reviendra sur les réserves de change. Le Nigeria a gagné du temps, pas encore une victoire durable.

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