Le Maroc détrône l'Afrique du Sud comme quatrième destination d'investissement en Afrique
Le Maroc gagne une place dans le classement des destinations d'investissement en Afrique, porté par une base manufacturière en expansion et une stabilité économique croissante. L'Afrique du Sud recule au cinquième rang.

Le Maroc a dépassé l'Afrique du Sud et devient la quatrième destination la plus attractive pour les investissements en Afrique, selon un classement publié cette semaine. Une progression qui ne doit rien au hasard : le royaume a bâti une base manufacturière solide, notamment dans l'automobile et l'aéronautique, et il a su stabiliser son cadre macroéconomique. Pendant ce temps, l'Afrique du Sud, longtemps locomotive du continent, encaisse les effets d'une croissance atone et d'une confiance des investisseurs qui s'effrite. Le basculement s'est opéré sur des critères concrets : qualité des infrastructures, prévisibilité réglementaire, coût de l'énergie.
Casablanca a fait le choix de l'industrie exportatrice il y a une quinzaine d'années. Aujourd'hui, le pays produit plus d'un million de véhicules par an et attire des équipementiers du monde entier. Cette montée en gamme industrielle change la nature des capitaux qui entrent : moins de placements de portefeuille, plus d'investissements directs dans des usines et des chaînes de production. Le Maroc a aussi misé sur les énergies renouvelables pour réduire sa facture énergétique, un argument de poids face à des investisseurs de plus en plus sensibles aux coûts de production.
L'Afrique du Sud, elle, reste pénalisée par des coupures d'électricité récurrentes et une logistique ferroviaire défaillante. Ces goulets d'étranglement renchérissent le coût des affaires et détournent certains projets vers d'autres places. Le pays conserve des atouts considérables, notamment dans les mines et les services financiers, mais son avance s'érode. Pour les opérateurs ouest-africains qui suivent ces classements, la leçon est simple : la stabilité et la capacité à produire localement pèsent désormais plus lourd que la seule taille du marché.
Cette recomposition du palmarès africain intervient alors que la concurrence entre les pôles économiques du continent s'intensifie. Le Maroc consolide sa position de hub industriel tourné vers l'Europe et l'Afrique de l'Ouest. L'Afrique du Sud doit désormais composer avec une concurrence qui ne se limite plus aux traditionnels poids lourds que sont le Nigeria et l'Égypte. La quatrième place du Maroc n'est pas une fin en soi : elle traduit un mouvement de fond, celui d'une Afrique du Nord qui monte en puissance dans les chaînes de valeur mondiales, au détriment relatif de l'Afrique australe.
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