Le marché des changes nigérian tombe à 196,7 millions de dollars, plus bas en sept semaines
Le volume échangé sur le marché officiel des changes du Nigeria a chuté de 56 % lundi, à 196,7 millions de dollars, son plus bas niveau depuis sept semaines, selon les données de la banque centrale.

Le marché officiel des changes nigérian a enregistré lundi un volume d'échanges de 196,7 millions de dollars, en baisse de 56 % par rapport à la veille. C'est le niveau le plus faible depuis sept semaines, selon les chiffres publiés par la Banque centrale du Nigeria (CBN). Ce chiffre mesure les transactions sur la plateforme NFEM, où les banques et les opérateurs agréés échangent des devises sous la supervision de la CBN. En clair : il y a eu très peu d'acheteurs et de vendeurs lundi. Un calme qui, dans ce marché, annonce rarement quelque chose de bon.
La veille, le volume dépassait encore les 400 millions de dollars. Cette chute brutale intervient dans un contexte de pression persistante sur le Naira. Les importateurs nigérians, premiers demandeurs de dollars, freinent leurs achats quand le taux devient trop instable. Les banques, de leur côté, hésitent à se positionner quand la liquidité se raréfie. Résultat : le marché tourne au ralenti, et chaque opérateur attend que l'autre bouge. Ce genre de blocage rend les taux plus volatils, pas moins. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
La CBN a multiplié les mesures depuis deux ans pour attirer les devises étrangères : libéralisation partielle du taux, obligations en dollars pour les résidents, incitations pour les transferts de la diaspora. Ces mesures ont produit des pics de volume, suivis de rechutes. Le schéma se répète : dès que la pression retombe, les échanges s'assèchent. Les analystes de marché pointent aussi la saisonnalité : fin septembre, les flux commerciaux ralentissent, et les entreprises bouclent leurs positions avant le dernier trimestre. Mais 196,7 millions de dollars, c'est trop peu pour un marché de la taille du Nigeria. La liquidité reste le nerf de la guerre.
Un volume aussi faible ne signifie pas que le Naira va s'effondrer demain. Il signifie que le marché manque de profondeur. Quand peu de dollars circulent, le moindre gros ordre fait bouger le taux. Les PME qui doivent payer des fournisseurs étrangers le sentent passer : les délais s'allongent, les primes de risque augmentent. La CBN devra probablement intervenir pour regonfler la liquidité dans les jours qui viennent. En attendant, les opérateurs surveillent le niveau de 200 millions de dollars comme un seuil psychologique. En dessous, la machine s'enraye.
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