Le MAN presse Abuja de transformer sa politique industrielle en résultats concrets
Les industriels nigérians demandent au gouvernement de traduire la Politique industrielle 2025 en gains mesurables : compétitivité, chaînes d'approvisionnement locales, investissements et accès aux marchés.

Le Manufacturers Association of Nigeria (MAN) hausse le ton. À l'approche de sa 54e assemblée générale, l'organisation patronale réclame du gouvernement fédéral qu'il transforme la Politique industrielle nigériane 2025 en résultats palpables. Le discours est simple : le papier ne suffit plus. Les industriels veulent des indicateurs, des échéances et des effets visibles sur leurs usines. Le Nigeria dispose depuis des années de plans ambitieux pour son industrie. Le problème n'a jamais été l'absence de stratégie, mais son application. Les fabricants le disent sans détour : sans exécution, ces documents restent lettre morte.
Le MAN cible plusieurs fronts. D'abord la compétitivité : les coûts de production au Nigeria restent élevés, plombés par l'énergie, la logistique et le change. Ensuite les chaînes d'approvisionnement locales, encore trop dépendantes d'intrants importés. L'association veut aussi peser sur l'investissement, la productivité et l'accès aux marchés, domestiques comme à l'export. Chaque année, des dizaines d'entreprises quittent le pays ou réduisent la voilure faute d'un cadre prévisible. Pour les opérateurs, la politique industrielle doit d'abord répondre à cette hémorragie.
Le contexte monétaire complique l'équation. Le Naira a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis la libéralisation de juin 2023, renchérissant les machines et les matières premières importées. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts et sur les projets d'investissement productif au pays. Les industriels réclament donc des mesures qui tiennent compte de cette réalité : accès au crédit en devises, stabilité des taux et soutien ciblé aux secteurs qui transforment localement.
Reste à savoir si l'assemblée générale débouchera sur des engagements chiffrés. Le MAN promet d'en faire une tribune pour interpeller l'exécutif, pas un simple exercice de communication. Les fabricants nigérians ont besoin de signaux clairs : des délais, des budgets, des responsables. Sans cela, la Politique industrielle 2025 rejoindra la longue liste des plans rangés dans les tiroirs d'Abuja. Le vrai test ne sera pas le discours d'ouverture, mais ce qui sortira des usines dans les douze prochains mois.
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