Le Kenya lance les travaux de la raffinerie Dangote à Lamu
Le président kényan William Ruto annonce le démarrage imminent des travaux de la raffinerie d'Afrique de l'Est à Lamu, un projet porté avec l'homme d'affaires nigérian Aliko Dangote.

Le Kenya se prépare à poser la première pierre de la raffinerie d'Afrique de l'Est, à Lamu. Le président William Ruto l'a annoncé sans détour : le terrain est prêt, les discussions avec Aliko Dangote ont abouti, et les bulldozers peuvent entrer en action. Le site choisi, le port de Lamu, n'est pas anodin. C'est un point d'ancrage stratégique sur l'océan Indien, à mi-chemin entre Mombasa et la frontière somalienne. Depuis des années, Nairobi cherche à transformer ce port en hub pétrolier régional. Cette raffinerie serait la pièce maîtresse du dispositif.
Le projet s'inscrit dans une dynamique plus large. Dangote, dont la mégaraffinerie de Lekki, près de Lagos, tourne désormais à plein régime, exporte son modèle. L'idée : rapprocher le raffinage des zones de consommation et réduire la dépendance aux importations de produits finis. Pour l'Afrique de l'Est, l'enjeu est de taille. La région importe massivement du diesel et de l'essence, souvent depuis le Moyen-Orient ou l'Inde, à des prix qui pèsent sur les balances commerciales. Une raffinerie locale changerait la donne logistique, même si les défis de financement et de sécurité restent entiers.
Ruto n'a pas donné de calendrier précis ni de montant d'investissement. Mais son ton traduit une volonté politique claire : accélérer. Le Kenya a longtemps repoussé ce type de projet, faute de capitaux et de stabilité juridique. Cette fois, l'arrimage à Dangote offre une crédibilité nouvelle. Reste à voir si les promesses se transforment en béton. Les populations de Lamu, elles, attendent surtout des emplois et des retombées locales, dans une zone longtemps marginalisée.
Si le projet aboutit, il redessinerait la carte énergétique de l'Afrique de l'Est. Le Kenya pourrait non seulement couvrir une partie de ses besoins, mais aussi alimenter l'Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud. Une perspective qui explique l'empressement de Nairobi. Mais entre l'annonce et la mise en service, il y a souvent des années. Les précédents projets de raffinerie dans la région ont capoté sur des questions de financement et de gouvernance. Celui-ci a un nom et un portefeuille derrière lui. Cela suffira-t-il ?
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