Le FMI met en garde contre les stablecoins, qui ne remplacent pas la rigueur budgétaire
Le FMI avertit que l'adoption croissante des stablecoins adossés au dollar ne doit pas affaiblir la discipline budgétaire et monétaire des pays dont les devises sous-tendent ces jetons numériques. Kristalina Georgieva s'exprimait à Jackson Hole.

Le Fonds monétaire international a profité du symposium de Jackson Hole pour adresser un avertissement clair aux gouvernements : les stablecoins adossés au dollar ne sauraient se substituer à une gestion rigoureuse des finances publiques. Kristalina Georgieva, sa directrice générale, a insisté sur le fait que l'adoption massive de ces jetons numériques, censés reproduire la valeur du billet vert, ne doit pas servir d'alibi pour relâcher l'effort budgétaire. Un message qui tombe alors que la dette mondiale atteint des sommets et que plusieurs économies émergentes voient leur monnaie sous pression.
Le raisonnement du FMI repose sur un constat simple : les stablecoins ne créent pas de richesse, ils la déplacent. Lorsqu'un investisseur achète un jeton indexé sur le dollar, il détient une créance sur des réserves détenues en monnaie américaine. Mais cela n'allège en rien le fardeau de la dette souveraine, ni ne résout les déséquilibres structurels. Pour les pays dont la devise est adossée de facto au dollar, comme le Nigeria ou le Ghana, la tentation est grande de laisser flotter les cours et de s'appuyer sur ces instruments pour stabiliser les échanges. Georgieva a prévenu : sans discipline, les risques de crise restent entiers.
Cette mise en garde résonne particulièrement en Afrique de l'Ouest, où les transferts de fonds de la diaspora représentent une manne vitale. Les stablecoins offrent une alternative rapide aux canaux bancaires traditionnels, souvent lents et coûteux. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces évolutions en temps réel sur leurs interfaces, permettant aux commerçants de suivre les fluctuations. Mais pour le FMI, l'essentiel est ailleurs : aucune innovation financière ne pourra compenser un déficit budgétaire chronique ou une inflation galopante. Les gouvernements doivent continuer à assainir leurs comptes, sous peine de voir leur monnaie s'éroder davantage.
L'institution multilatérale ne remet pas en cause l'utilité des stablecoins, mais elle en fixe les limites. Dans un monde où la dette globale dépasse les 300 000 milliards de dollars, la tentation de la facilité monétaire est forte. Le message de Jackson Hole est donc un rappel à la réalité : la technologie ne remplace pas la politique économique. Les décideurs ouest-africains, confrontés à des défis de financement colossaux, auraient tort de voir dans les jetons numériques une solution miracle. La rigueur, elle, reste la clé de voûte de toute stratégie de sortie de crise.
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