Le FMI déconseille au Nigeria de rétablir la subvention totale sur l'essence
Le FMI recommande au Nigeria d'éviter le retour d'une subvention générale sur l'essence et de cibler plutôt l'aide sur les citoyens les plus vulnérables, alors que le pays a supprimé la subvention en 2023.

Le Fonds monétaire international a adressé une mise en garde claire au gouvernement nigérian : rétablir une subvention générale sur l'essence serait une erreur. L'institution basée à Washington recommande plutôt de concentrer les aides sur les ménages les plus fragiles. Cette position intervient alors que le Nigeria a supprimé la subvention en juin 2023, une décision qui a fait bondir le prix du carburant à la pompe de plus de 200 % en quelques mois. Depuis, le débat sur un retour en arrière revient régulièrement dans la classe politique, surtout à l'approche des échéances électorales.
Le FMI ne s'oppose pas à toute forme de soutien. Il plaide pour des transferts monétaires ciblés, versés directement aux populations les plus pauvres, plutôt que pour une baisse artificielle du prix à la pompe qui profite autant aux riches qu'aux modestes. L'argument est connu : une subvention généralisée coûte cher à l'État, creuse le déficit et finit par bénéficier en priorité aux gros consommateurs, propriétaires de véhicules et d'groupes électrogènes. Le gouvernement nigérian a déjà mis en place un programme de transferts de 25 000 nairas par mois pour 15 millions de ménages, mais son déploiement reste lent et contesté.
La question dépasse le seul cadre budgétaire. Le Nigeria reste très dépendant des importations de produits pétroliers raffinés, malgré ses réserves de brut. La raffinerie Dangote, entrée en service progressivement, promet de réduire cette dépendance, mais elle ne couvre pas encore la totalité des besoins nationaux. Chaque hésitation sur la politique des prix du carburant envoie un signal contradictoire aux investisseurs et aux bailleurs internationaux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la stabilité des prix de l'énergie pèse directement sur le pouvoir d'achat des familles restées au pays.
Le FMI n'a pas de pouvoir de décision sur la politique énergétique nigériane. Ses recommandations pèsent toutefois dans les négociations de financement et dans la confiance des marchés. Abuja se retrouve donc face à un choix délicat : maintenir une réforme douloureuse mais jugée nécessaire par ses créanciers, ou céder à la pression populaire en revenant sur une mesure qui a fait exploser le coût de la vie. La réponse du gouvernement dans les prochains mois dira beaucoup de sa marge de manœuvre réelle.
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