Le crédit au gouvernement nigérian bondit de 63 % à 39 400 milliards de nairas
En septembre 2026, les banques nigérianes ont prêté 39 400 milliards de nairas à l'État, soit une hausse de 63 % sur un an, tandis que le crédit au secteur privé recule légèrement sur un mois.

Les chiffres tombent et ils sont sans ambiguïté : à fin septembre 2026, les banques nigérianes détenaient 39 400 milliards de nairas de créances sur l'État fédéral, contre 24 150 milliards un an plus tôt. Cette progression de 63 % en glissement annuel traduit une réalité simple : pour se financer, Abuja sollicite massivement le système bancaire local. Les besoins budgétaires sont lourds, entre subventions énergétiques, service de la dette et grands chantiers. Les banques, elles, y trouvent leur compte : les titres publics offrent une rémunération attractive et un risque quasi nul comparé aux prêts aux entreprises.
Dans le même temps, le crédit au secteur privé marque le pas. Il recule légèrement sur un mois, signe que les banques arbitrent en faveur de la dette souveraine. Les PME et les industries manufacturières, déjà éprouvées par l'inflation et la cherté du dollar, peinent à obtenir des financements dans de bonnes conditions. Ce mouvement de balancier n'est pas anodin : quand les banques préfèrent prêter à l'État plutôt qu'aux entrepreneurs, c'est toute la machine économique qui tourne au ralenti. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira sous pression et des taux d'intérêt élevés renchérissent les opérations.
La Banque centrale du Nigeria (CBN) se retrouve dans une position délicate. Elle veut contenir l'inflation, ce qui l'a poussée à relever ses taux directeurs. Mais ces taux élevés rendent la dette publique plus coûteuse et encouragent les banques à se gaver de titres d'État. Résultat : le crédit à l'économie réelle se raréfie. Les autorités monétaires tentent de corriger le tir en imposant des ratios de prêts aux PME, mais les établissements contournent souvent ces règles en privilégiant les grandes entreprises les plus solides.
Cette configuration n'est pas tenable à long terme. Un État qui absorbe l'essentiel du crédit bancaire étouffe l'investissement privé et hypothèque la croissance. Les économistes nigérians alertent depuis des mois : sans un rééquilibrage rapide, la création d'emplois restera atone et la dépendance aux importations s'aggravera. Le gouvernement, lui, mise sur une hausse des recettes fiscales pour réduire ses emprunts. Mais tant que les dépenses publiques dépasseront les revenus, les banques continueront de financer l'État en priorité, au détriment des entrepreneurs qui font tourner l'économie.
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