Le CPPE presse Abuja de revoir les permis des commerçants étrangers
Le Centre for the Promotion of Private Enterprise demande au gouvernement fédéral de réviser en urgence le cadre réglementaire encadrant la participation étrangère dans le commerce de détail nigérian.

Le Centre for the Promotion of Private Enterprise (CPPE) monte au créneau. Le think tank dirigé par l'économiste Muda Yusuf a demandé au gouvernement fédéral de revoir sans délai les règles qui encadrent la présence des commerçants étrangers dans le pays. En ligne de mire : les opérateurs chinois qui, selon le centre, grignotent des segments du commerce de détail et de la distribution longtemps tenus par des Nigérians. Le CPPE ne parle pas d'un phénomène marginal. Il évoque une pression croissante sur les petits commerces, les marchés de proximité et les chaînes d'approvisionnement locales.
Le sujet n'est pas nouveau. Depuis des années, des associations de commerçants nigérians dénoncent la concurrence de ressortissants étrangers dans des activités que la loi réserve en principe aux nationaux. Le cadre existe : la loi sur la promotion des entreprises nigérianes de 1972, complétée par des listes de métiers interdits aux non-Nationaux. Mais son application reste poreuse. Des commerçants chinois, indiens ou libanais opèrent dans des créneaux théoriquement fermés, souvent via des prête-noms ou des sociétés locales. Le CPPE pointe un décalage entre le texte et le terrain, et réclame un contrôle plus strict des permis de travail et des licences commerciales.
Pour les autorités, la question est délicate. D'un côté, les investissements étrangers restent vitaux dans un pays qui cherche à diversifier son économie et à créer des emplois. De l'autre, la pression sociale monte dans les États du Sud, où les tensions entre commerçants locaux et étrangers ont déjà dégénéré par le passé. Le CPPE suggère une voie médiane : maintenir l'ouverture aux capitaux étrangers dans l'industrie et les services à forte valeur ajoutée, mais verrouiller le commerce de détail. Une ligne de crête difficile à tenir, alors que le Nigeria attire peu d'investissements directs ces derniers trimestres.
Reste à savoir si Abuja suivra. Le gouvernement de Bola Tinubu a multiplié les annonces de réformes économiques depuis son arrivée, mais les mesures concrètes sur le terrain du commerce intérieur se font attendre. Le CPPE, lui, joue son rôle d'aiguillon : il met le sujet sur la table, chiffres et arguments à l'appui. La balle est désormais dans le camp du ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Investissement.
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